© 2017, crée par Chantale Coulombe

MERCI POUR LA PÂQUERETTE

Quand dire merci fait vivre…

 

Corrie ten Boom était à Ravensbrück, un camp de la mort, depuis plusieurs mois. Chaque jour, elle voyait de ses compagnes mourir après avoir désespéré, des enfants tomber malades et gémir, des hommes hurler de colère et se suicider. Elle était un ange au milieu de cet enfer. Aimée de tous pour son sourire, sa voix douce, son regard aimable, elle avait toujours une bonne parole pour les uns et les autres ; et miraculeusement, elle continuait à vivre malgré la faim, la soif, le froid, la peur, la haine. Au sein du désespoir, elle incarnait l’espoir.

 

Mais un matin, Corrie a regardé autour d’elle, et tout à coup, l’horreur de sa baraque, l’odeur des paillasses infestées de poux et imbibées d’urine, la pâleur des visages de ses compagnes de misère, l’ont frappée en plein cœur  et elle s’est écriée : « Mon Dieu, voilà que depuis des mois, tous les matins, je te dis merci pour la vie, pour cette vie, mais ce matin c’en est assez. Je n’en peux plus, j’étouffe, mon cœur est sec comme le bois, impossible de te dire un quelconque merci… laisse-moi mourir. » Et comme bien des prisonnières avant elle, elle s’est recouchée sur son grabat avec l’intention de ne plus se relever. Jetant  un dernier regard sur le paysage morbide -- la terre nue, des détritus partout, les barbelés cruels – elle s’exclama soudain : « Mon Dieu, merci, merci pour la pâquerette ! » Là, au pied d’un piquet de la clôture de barbelés avait poussé une pâquerette, cette toute petite fleur, semblable à une minuscule marguerite.  Elle savait très bien que d’ici quelques minutes, elle disparaîtrait car quelqu’un la mangerait. Chaque brin d’herbe était voracement arraché et avalé, la faim étant si grande.

 

Peu importe… Corrie l’avait vue cette fleur fragile,  et son cœur avait éclaté de joie. Elle s’est relevée, et une fois de plus, elle a fait son devoir, encourageant, aidant, consolant les uns et les autres. Trois jours plus tard, les Américains libéraient le camp. Elle était vivante. Elle avait survécu à l’horreur d’être raflée avec toute sa famille pour avoir caché et sauvé des Juifs. Cette histoire est toujours à mon esprit, et quand il semble qu’il n’y a plus rien qui tient, je cherche « la pâquerette ». Ce peut être un petit oiseau se perchant sur ma fenêtre, ou une jolie abeille égarée dans mon entrée, ou un énorme nuage rosé… Si jamais la vie devient pour vous difficile au point que vous vouliez ne plus vivre, je vous en prie, mettez-vous en quête de la pâquerette. Il y en a sûrement une dans votre vie. Regardez bien et dites MERCI. Cela peut vous sauver la vie.

 

Bonne fête de l’Action de grâce. Que vos remerciements abondent et que votre joie renaisse.

 

©2017 Danièle Starenkyj

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