• Danièle Starenkyj

LA COVID-19 : UN AUTRE MAL DU SUCRE ?

En 2020, des scientifiques posent cette question : « Y a-t-il un lien entre de faibles niveaux sanguins de glucose et la COVID-19 ? ».


UNE RÉPONSE POSITIVE


L'hypoglycémie (insuffisance de glucose dans le sang) est un problème pour de nombreux patients atteints de diabète (taux de glucose élevé dans le sang). Cette hypoglycémie est fondamentalement iatrogène : elle résulte d’un excès d’insuline lié à l’emploi de médicaments prescrits pour contrôler l’hyperglycémie – sulfonylurées, insuline, hydroxychloroquine.


Le confinement COVID-19 pose un risque d’hypoglycémie chez les patients diabétiques qui n’ont pas accès à un soutien médical immédiat en cas de déséquilibre de leur glycémie. Or, des essais cliniques ont démontré qu'un seul épisode d'hypoglycémie grave augmente le risque de mortalité et d'événements cardiovasculaires ultérieurs.

Les personnes diabétiques peuvent osciller entre des épisodes hyperglycémiques et des épisodes hypoglycémiques. Ce qui fait dire à certains chercheurs que l'hypoglycémie, outre le fait qu'elle représente un facteur de risque de mortalité cardiovasculaire et de mortalité totale (toutes causes confondues) chez les patients diabétiques, pourrait aussi représenter un mécanisme de déclenchement de la "tempête de cytokines" lors de la COVID-19.


LE SUCRE ET L’IMMUNITÉ


Le glucose est une source d’énergie indispensable pour l’organisme dont l’utilisation anormale perturbe le bon fonctionnement du sang et des organes vitaux : cœur, reins, foie, CERVEAU, etc.


Le taux de glucose normal sans repas se situe entre 70 et 99 mg/dL et après 2 heures un repas, il est inférieur à 140 mg/dL.


Lorsque le taux de glucose fluctue dans le sang par rapport à sa valeur normale, non seulement les globules rouges, mais aussi les globules blancs et les plaquettes sont affectés.


La consommation de sucre (75 % des aliments sucrés et salés et des boissons issus de l’industrie alimentaire comportent d’importantes quantités de sucre) entraîne automatiquement des fluctuations importantes du taux de glucose dans le sang avec des effets infiniment variés.


Certes, on connaît la relation sucre et obésité, sucre et diabète, MAIS connaît-on les effets directs et graves du sucre sur LE SYSTÈME IMMUNITAIRE, sur les globules blancs ou leucocytes qui jouent un rôle essentiel dans la lutte contre les infections et les cancers ?


Boire une bouteille de soda d'un litre ou manger 100 grammes de sucre, diminue la réactivité des globules blancs de 40 %. Notre système immunitaire peut ainsi être désactivé pendant 4 ou 5 heures. Les globules blancs remplissent la fonction d'immunité en tuant les bactéries et les virus par phagocytose – un processus de capture, d’ingestion et de digestion des microbes (bactéries et virus).


LA VITAMINE C est très importante pour le bon fonctionnement des globules blancs. Le sucre et la vitamine C ont la même structure chimique. Lorsque nous mangeons du sucre, il entre directement en compétition avec la vitamine C.

Le sucre empêche les globules blancs de lutter adéquatement contre les agents pathogènes. Il affaiblit leur réactivité en raison d’une moindre entrée de vitamine C dans les cellules. Et plus l’apport en sucre est élevé plus ces effets immunosuppresseurs sont marqués.


LE SUCRE ET L’INFLAMMATION


Le régime alimentaire dit occidental est riche en graisses saturées et en sucres et pauvre en FIBRES végétales – céréales complètes, légumineuses, fruits, légumes, noix, graines. Il est associé à un risque accru de maladies métaboliques et cardiovasculaires, ainsi qu'à une INFLAMMATION CHRONIQUE. Les effets néfastes d'un mauvais régime alimentaire sont en partie dus au microbiote intestinal, dont la composition, la fonctionnalité et les produits finaux métaboliques répondent aux changements alimentaires. Des études récentes ont montré qu'un apport élevé en sucres augmente l'abondance relative des protéobactéries (les mauvaises bactéries) dans l'intestin, tout en diminuant simultanément l'abondance des bactériodontes (les bonnes bactéries). Ces bonnes bactéries peuvent atténuer les effets des endotoxines et renforcer la fonction de barrière intestinale. Ainsi, un apport élevé en sucre peut faire basculer l'équilibre du microbiote pour avoir des propriétés pro-inflammatoires accrues et DIMINUER la capacité à réguler l'intégrité de la paroi intestinale et l'immunité des muqueuses. Et ne l’oublions pas : l’inflammation est le lit de toutes les maladies.


LE MAL DU SUCRE EN PÉRIODE DE PANDÉMIE


La COVID-19 et le diabète, caractérisé par une hyperglycémie dont le contrôle médicamenteux peut entraîner une hypoglycémie, ont des points communs.


• Les systèmes d'organes que le virus cible sont les mêmes que ceux qui sont compromis chez les patients diabétiques. Être diabétique et avoir la COVID-19 peut donc avoir des effets synergiques qui poussent les patients vers une trajectoire de maladie plus grave.

• Les personnes atteintes de diabète ont tendance à vivre dans un état inflammatoire chronique, ce qui les prépare à une réponse inflammatoire plus sévère à la Covid-19 qui peut culminer en une tempête de cytokines pouvant mettre leur vie en danger.

• Le diabète peut également affaiblir la capacité du système immunitaire à combattre les virus. Les personnes atteintes de diabète de type 2 ont également davantage de récepteurs ACE2 dans de nombreux tissus, y compris ceux qui tapissent les vaisseaux sanguins. Cette réalité ouvre ainsi beaucoup plus de portes à l'invasion de la Covid-19. (L'ECA2 est un des récepteurs que la protéine de pointe du coronavirus utilise pour pénétrer dans les cellules.)

• La pandémie pour tous est une source de stress souvent énorme que l’on cherche à contrôler en mangeant plus que d’habitude, et plus sucré que d’habitude. On cherche à se réconforter ainsi… On essaie de réduire son stress – stress professionnel ou stress de la vie privée – mais il serait très sage de penser tout d’abord à réduire le stress alimentaire que cause le sucre sur tous nos organes dont, en tout premier lieu, le cerveau. Fruits frais, légumes bien préparés, céréales entières bien cuites, pain intégral, EAU (et non pas sodas), en quelques semaines peuvent améliorer la sensibilité à l’insuline et les biomarqueurs de maladies métaboliques chroniques, et faire perdre du poids sans douleur. Le Dr Laura Schmidt, docteur en sciences du sucre et professeur de politique de santé à l'université de Californie à San Francisco, l’affirme : « Le simple fait de retirer le sucre de votre alimentation peut potentiellement réduire votre risque de conséquences graves si vous attrapez le virus (COVID-19). »


Alors, je vous invite à lire ou relire LE MAL DU SUCRE – Principes de survie et RECETTES sans sucre. Une fois de plus réimprimé, il affiche fièrement sur la couverture : 90e MILLE.


©2020 Danièle Starenkyj

RÉFÉRENCES


→Francesco Piarulli et coll., COVID 19 and low-glucose levels: Is there a link? Diabetes Res Cin Pract, 25 juin 2020.

→Kiran Shah et coll., Hypoglycemia at the time of Covid-19 pandemic, Diabetes Metab Syndr, 14, 5 1143-1146, septembre-octobre 2020.

→Hafeez Ullah et coll., Effects of Sugar, Salt and Distilled Water on White Blood Cells and Platelet Cells, Journal of Tumor, Vol.4, No 1, 2016.

→Mingyan Deng et coll., Can We Reduce Mortality of COVID-19 if We do Better in Glucose Control? Med Drug Disco, 2 juin 2020.

→Reetta Satokari, High Intake of Sugar and the Balance between Pro- and Anti-Inflammatory Gut Bacteria, Nutrients, 12,5 1348, mai 2020.

→Why we can’t stop eating unhealthy food,2015, Speaker: Laura Schmidt – TEDMED.



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