© 2017, crée par Chantale Coulombe

LE SAVON ET SES MULTIPLES USAGES D’AVANT L’ÈRE DU PLASTIQUE

Interpelé par la pollution du plastique, mon mari a décidé de peindre « La nouvelle réalité marine », et de monter une exposition d’art dont le but est de conscientiser le public à ce phénomène aux proportions gigantesques.

 

Bien sûr, cela m’a aussi poussée à questionner l’usage de bien des produits d’hygiène personnelle et domestique que nous avions l’habitude d’employer. Alors que, déjà, nous faisions attention à leur qualité, nous nous sommes arrêtés à leur emballage… de plastique. Et, avec des accents navrés, nous avons fait le tour de la maison en nous exclamant : du plastique, et du plastique, et encore du plastique… Comble de l’ironie, ces produits d’hygiène dits naturels qui se soucient de l’environnement en proposant des recharges… en plastique ! Difficile de s’en sortir, vous en conviendrez.

 

Alors, tout à coup, des souvenirs se sont imposés à mon esprit. Oui, l’odeur, la texture, la couleur, l’estampille – EXTRA PUR 72 % D’HUILE -- le simple emballage en carton du savon de Marseille omniprésent dans notre quotidien alors que j’étais enfant ! Le savon de Marseille à l’huile d’olive, en gros cube, trônait près du lavabo de la cuisine, et sur celui de la salle de bain, et sur une petite assiette sur le bord de la baignoire. Avec ce savon, on se lavait les mains, le visage, le corps ; on se brossait les dents et on se lavait les cheveux. Je m’en souviens : le problème n’était pas le lavage des cheveux mais leur démêlage… Ma mère nous tirait les cheveux et on (nous étions trois filles) criait  pendant toute la séance. Imperturbable, maman nous répétait, chaque fois que l’une ou l’autre criait vraiment trop fort : « Ça suffit ! Il faut souffrir pour être belle. ».  Avec ce savon, Papa se faisait également la barbe. Ce n’était pas tout. On lavait la vaisselle et la baignoire, et le lavabo, et la cuvette des toilettes. Et puis, on faisait la lessive avec du savon de Marseille en paillettes ou en copeaux. Ma grand-mère disait à sa fille, ma mère : « Tu sais, dans mon temps, avant de faire ma lessive, je devais râper mon savon. Toi, tu l’achètes déjà râpé. » C’était le progrès avant le progrès des poudres à laver chargées de phosphates et parfumées à vous étouffer en ouvrant la boîte. Et puis, il y avait les recettes au savon de Marseille pour laver les planchers, les meubles, et lutter contre les pucerons au jardin.

 

 

 

Certes, j’ai dû en oublier, mais à bien y regarder, aujourd’hui, le retour de ces usages du savon ferait une énorme économie de contenants de plastique, et de produits chimiques se déversant dans les cours d’eau et aboutissant dans la mer… Et pour les produits cosmétiques, cela ferait une urgente économie de billes de plastique présentes dans les dentifrices, les crèmes de ci et de ça et pour ci et pour ça…  Pour ma part, le savon a retrouvé sa place dans mes produits d’hygiène domestique, et, vraiment, le savon de Marseille, pour nettoyer la baignoire, c’est excellent, et la vaisselle aussi, et le soir, pour le visage, il y a le savon d’Alep (huile d’olive et huile de baies de laurier avec soude et eau, un point, c’est tout). Fini les produits avec billes de plastique ! Et puis, j’ai trouvé le truc pour démêler les cheveux lavés au savon d’Alep : il faut les rincer à l’eau froide vinaigrée. Et si on soulageait les douleurs du monde, une personne à la fois ?

 

©2017 DANIÈLE STARENKYJ

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