• Danièle Starenkyj

LE MAL DE DOS , LE STRESS, L’ACIDE LACTIQUE

POIGNARDÉ DANS LE DOS. C’est ainsi que le brillant rhumatologue Nortin Hadler décrit la lombalgie ou « le mal de dos qui afflige les gens qui sont par ailleurs bien portants ». Plus étonnant encore, il déclare ouvertement que « vivre une année sans souffrir de lombalgie n’est pas normal ». Pire, il affirme que la lombalgie n’est pas une maladie authentique mais « une affliction très fréquente et très répandue de la vie » -- une vie qui semble devenir de plus en plus douloureuse. Or, insiste cet éminent clinicien, la douleur engendre une souffrance qui découle des incertitudes qu’elle fait naître dans l’esprit de ceux qui souffrent, et c’est cette souffrance qui fait surtout mal, et qui mérite qu’elle soit reconnue et soignée.


PRISONNIER(IÈRE) DE SON EMPLOI


La question a été posée : Serait-il possible que « des facteurs entravant la capacité de surmonter la lombalgie (mal de dos incapacitant) se dissimulent dans le contexte psychosocial du milieu du travail » ?

La réponse a été donnée : le mal de dos devient souvent « intolérable et incapacitant parce que le travailleur se trouve prisonnier d’un emploi détestable, insatisfaisant ou précaire, que son superviseur est hostile sinon cruel, que ses collègues sont déplaisants, que le travailleur s’estime sous-évalué ou mal payé, ou qu’il est écrasé par des problèmes personnels ».


Les études de longévité récentes -- celle des zones bleues, par exemple – ont établi hors de tout doute que la santé d’une population dépend :

1) du degré de satisfaction qu’ont ses citoyens de leur statut socioéconomique – leur position dans la société et leur revenu –

2) de leur environnement immédiat – la sécurité du quartier où ils vivent et la stabilité de leur cercle social –

et 3) de la satisfaction qu’ils éprouvent à l’égard de leur emploi.


Or, selon Hadler, lorsque ces éléments sont négatifs, ils deviennent des « influences malignes » qui sont plus toxiques pour la santé globale que les comportements dangereux pour la santé (tabac, alcool, drogues, sédentarité, malbouffe, etc.).


L’ÉPUISEMENT PROFESSIONEL


Dans le monde du travail, on aime à parler de capital humain pour miser sur les connaissances, les habilités, les capacités que les employés peuvent apporter à une compagnie. Cette vision matérialiste de l’humain cause un sentiment de dévalorisation qui amène les travailleurs à trouver difficile la poursuite de la vie, et ils l’expriment, entre autres, par le mal de dos incapacitant.


UNE SOLUTION : L’ASSISTANCE PSYCHOLOGIQUE


Le Dr Hadler avance que « la saga de la lombalgie ne serait pas aussi inextricable si l’on pouvait avoir commodément accès à l’assistance psychologique ». Il déclare avoir « un fort préjugé favorable envers l’utilité du "traitement par la parole" dispensé par une personne déterminée à aider. » Parler à quelqu’un qui écoute attentivement avec bienveillance est universellement extrêmement thérapeutique.


UNE SOLUTION COMPLÉMENTAIRE : L’ASSISTANCE NUTRITIONNELLE


La médecine sportive reconnaît qu’une activité physique intense et de puissants facteurs de stress psychosocial augmentent le taux d’acide lactique dans le sang et par ce biais les douleurs musculaires.


Il y a plusieurs façons d'accumuler ou de produire une trop grande quantité d’acide lactique. Un système nerveux central hyperactif, des défauts dans le métabolisme de l'acide lactique, trop d'adrénaline, le déséquilibre du microbiome causé par une insuffisance de fibres, et des régimes alimentaires riches en glucides raffinés et en sucre.


Une trop grande quantité d'acide lactique commence à lier le calcium, diminuant la quantité de calcium disponible pour se fixer sur les récepteurs cellulaires pour une conduction et une activité nerveuse normales, ce qui entraîne une mauvaise communication entre le cerveau et le reste du corps.


La tension musculaire, résultat de contractions musculaires, s’installe et cause des douleurs dans le dos, les jambes, les épaules, le cou, les bras, le visage et la mâchoire. La tension musculaire peut entraîner des douleurs chroniques, des crampes, et des spasmes, et bien sûr, une fatigue chronique.


LE SÉSAME AU SECOURS DES DOULEURS MUSCULAIRES


La graine de sésame est reconnue depuis des millénaires pour ses effets analgésiques et anti-inflammatoires, effets confirmés par la science moderne (voir le blogue « Petite graine mais grand pouvoir »), et pouvant soulager les douleurs articulaires, rhumatismales, et névralgiques.

La graine de sésame est particulièrement riche en calcium (1160 mg pour ½ tasse de graines non décortiquées). En vous rappelant que le stress active la production d’acide lactique, et que celui-ci diminue la disponibilité du calcium, produisant ainsi le raidissement des muscles et l’apparition des douleurs musculaires, vous aimerez découvrir l’efficacité du SÉSAME GRILLÉ dans le soulagement des crampes et douleurs musculaires. Mais n’oubliez pas la

« thérapie par la parole ». Le mal de dos fait mal, très mal souvent. Mettre le doigt sur le stress qui le cause, en parler, et faire les ajustements nécessaires, est incontournable. (Voir le blogue « L’épuisement émotionnel et une solution toute simple »).


RECETTE SIMPLE DE SÉSAME GRILLÉ


10 cuillères à soupe de graines de sésame entières

1 cuillère à café de gros sel de mer gris

Griller légèrement les graines de sésame dans une poêle sèche.

Ajouter le gros sel marin gris.

Moudre finement les deux ingrédients dans un petit moulin à café.

Consommer librement.


©2020 Danièle Starenkyj

RÉFÉRENCES

1. Nortin M. Hadler, Poignardé dans le dos – Affronter le mal de dos dans une société surmédicalisée, Presses de l’Université Laval, 2011.

2. Robin Hermann  et coll., Effects of psychosocial and physical stress on lactate and anxiety levels, Stress, 22, 6, 664-669, novembre 2019.

3. Mercedes Garcia-Alvarez et coll., Stress hyperlactataemia: present understanding and controversy, Lancet Diabetes Endocrinol, 2,4,339-347, avril 2014.



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