POURQUOI TANT DE MOIS SANS ALCOOL ?
- Danièle Starenkyj
- il y a 13 minutes
- 4 min de lecture
Oui, pourquoi January dry (janvier sec), un mouvement mondial sans alcool qui, en Fance seulement, a rassemblé en 2025 4,5 millions de personnes -- et en 2026 encore plus -- qui ont décidé de vivre 31 jours sans boire, et cela sans le soutien de l’État mais avec l’encouragement de dizaines d’acteurs de la société civile ?
Pourquoi en février (ou en janvier si on le préfère, ou même en janvier et en février), le Défi 28 jours sans alcool de la Fondation Jean Lapointe au Québec ?
Pourquoi Sober September (septembre sobre /abstinent/dégrisé) en Estonie ?
Pourquoi Sober October au Canada et en Angleterre ?
Pourquoi Sober November en Hongrie ?
1. POURQUOI CETTE DÉSAFFECTION GÉNÉRALISÉE de l’alcool pendant un mois dans l’année ?
Les participants ressentent RAPIDEMENT ces bienfaits :
- Un meilleur sommeil,
- une meilleure humeur,
- une perte rapide de poids (l’alcool est calorifique : 1 verre de vin fournit 121 à 150 calories, une pinte de bière 150 calories, 4 centilitres de spiritueux 95-100 calories),
- une meilleure concentration,
- une peau plus belle et fraîche (l’alcool déshydrate) avec moins de rougeurs (l’alcool produit une carence en zinc malheureuse pour la beauté de la peau, des ongles, des cheveux, entre autres problèmes),
- une meilleure digestion (moins d’irritation).

2. UN MOIS SANS ALCOOL, alors ça vaut la peine ?
Plusieurs études ont révélé que cette abstinence temporaire influence fortement À LA BAISSE la consommation d’alcool des participants pendant les six à huit mois qui suivent l’expérience « dry ». Oui, ça vaut la peine.
De plus, plusieurs études ont pu établir que :
- 93 % des participants se sentent mieux ;
- 80 % retrouvent le contrôle de leur consommation d’alcool ;
- 71 % comprennent qu’ils n’ont pas besoin d’alcool pour s’amuser.
En fait, les participants reconnaissent une diminution marquée de leur anxiété, de leur dépression et de leur stress.
3. QUELQUES EFFETS GÉNÉRALEMENT IGNORÉS
Parmi les nombreux effets de l’alcool rappelons simplement ceux-ci :
- L’alcool a un effet négatif sur la synthèse des protéines et la prise de muscle. Il peut causer des courbatures. Sports et alcool ne font pas bon ménage, malgré ce qu’on pourrait en croire étant donné les nombreuses commandites d’événements sportifs par l’industrie de l’alcool.
- L’alcool perturbe les globules blancs et rend plus vulnérable aux infections respiratoires -- (ne pas boire favorise une meilleure résistance aux virus).
- Un mois sans alcool permet immédiatement une réduction significative de la tension artérielle, du taux de cholestérol, et du risque de diabète.
4. LA COMMUNICATION DE l’OMS publiée dans The Lancet Public Health en 2023
Pendant longtemps, on a voulu parler de modération… Aujourd’hui, le discours a changé. En voici les grandes lignes :
- La consommation d’alcool n’est jamais sans danger pour la santé, quelle que soit la quantité consommée.
– L’alcool provoque des dommages quelque soit le type de boisson consommée.
-- L’alcool est une substance toxique, psychoactive, qui induit une dépendance et qui a été classée dans le groupe 1 des agents cancérigènes par le Centre international de recherche sur le cancer, il y a déjà plusieurs dizaines d’années. Ce groupe est celui qui présente le plus de risques et comprend, outre l’alcool, l’amiante, les radiations, le tabac, etc.
-- L’alcool provoque au moins sept cancers, dont les plus courants sont le cancer de l’intestin et le cancer du sein chez la femme.
-- L’alcool (éthanol) provoque le cancer lorsqu’il se décompose en acétaldéhyde dans le corps. Ainsi, toute boisson contenant de l’alcool, peu importe son prix et sa qualité, présente un risque de cancer.
-- On le disait, et c’était logique, plus la quantité d’alcool consommé augmente, plus les risques sont élevés. Toutefois, les dernières données disponibles indiquent que la moitié des cancers attribuables à l’alcool, en Europe et ailleurs, sont causés par une consommation d’alcool « minime » ou « modérée ».
-- C’est -à -dire ? Moins de 1,5 l de vin, moins de 3,5 l de bière, moins de 450 ml de spiritueux par semaine.
-- Ce type de consommation est responsable de la majorité des cancers du SEIN attribuables à l’alcool chez les femmes, et son taux d’incidence est en constante augmentation.
-- Sous le titre « Le risque est présent dès la première goutte », le communiqué de l’OMS affirme : On ne peut pas parler de niveau de consommation d’alcool « sans danger ». Quelle que soit la quantité d’alcool ingérée, le risque pour la santé du buveur ou de la buveuse est présent dès la première goutte de n’importe quelle boisson alcoolisée.
-- Le docteur Carina Ferreira-Borges affirme : « La seule chose que nous puissions affirmer avec certitude est que plus l’on boit, plus c’est nocif. Ou, en d’autres termes, moins on boit, moins on court de risques. »
-- Les spécialistes insistent : Même une faible consommation d'alcool augmente le risque du cancer de l'œsophage, du cancer colorectal et du cancer du sein chez les femmes, ainsi que du cancer de la prostate et du cancer colorectal chez les hommes.

5. QUELQUES COMMENTAIRES
Il est intéressant de lire certains commentaires journalistiques ou autres sur cette nouvelle réalité, particulièrement chez les jeunes adultes, et sur son influence sur le commerce :
« Le marché mondial de l’alcool est en chute libre. »
« Le monde est à un point tournant. Les jeunes générations boivent moins. L’augmentation des ventes de MOCKTAILS, ces boissons qui imitent celles alcoolisées mais qui ont 0,0 % d’alcool, connaît un essor étonnant. »
« Boire un verre de vin par jour n’est pas bon pour la santé : c’est simplement moins dangereux que d’en boire plusieurs. »
« Le niveau de consommation d’alcool qui minimise la perte de la santé est nul. » (Global Burden of Disease Study, 2020)
« L’eau est la seule boisson d’un homme sage. Il ne boit pas de vin parce qu’il comprend où cela peut le mener. » (Henry David Thoreau, 1817-1862)
Maintenant que vous le savez, serez-vous, vous aussi, sages ?
© 2026 Danièle Starenkyj
RÉFÉRENCES
1. Benjamin O. Anderson, Health and Cancer risks associated with low levels of alcohol consumption, Lancet Public Health, 2023.
2. Carina Ferreirra-Borges, No level of alcohol consumption is safe for your health, WHO News Release, 2023.
3. Rachel Fairbank, Un mois sans alcool suffit à transformer votre corps, National Geographic, 2025.
4. Catherine Cordonnier, Après une semaine, un mois, un an sans une goutte d’alcool, voici ce que vous allez constater avec bonheur, TOP SANTÉ, 2025.
























