RÉGIME MÉDITERRANÉEN : SES EFFETS POSITIFS SUR L’ENDOMÉTRIOSE
- Danièle Starenkyj
- 11 nov. 2025
- 4 min de lecture
Il y a quelques années, une jeune femme me disait avec beaucoup de soulagement qu’un régime totalement végétal l’avait complètement libérée de son endométriose.
Son témoignage m’avait fortement confortée dans ma conviction qu’une alimentation végétale était un puissant facteur de santé, mais il a fallu que j’attende jusqu’à ce jour (2025) pour tomber sur des articles scientifiques1,2 confirmant les effets positifs d’une saine alimentation végétale sur cette affection féminine.
L’ENDOMÉTRIOSE, C’EST QUOI ?
L'endométriose est une affection caractérisée par la présence de tissu endométrial (muqueuse qui tapisse la cavité de l’utérus) en dehors de l'utérus, touchant le bassin, le péritoine (fine membrane qui tapisse l’intérieur de l’abdomen), les ovaires et le septum recto-vaginal.
C’est un défi important, car l’endométriose est chronique et elle est accompagnée de comorbidités : syndrome du côlon irritable, troubles mentaux, fibromyalgie et maladies auto-immunes. Elle touche environ 10 % des femmes en âge de procréer, et 35 % à 50 % de celles qui présentent des douleurs pelviennes ou une infertilité sont diagnostiquées comme atteintes de cette affection.
Les manifestations cliniques de l’endométriose comprennent généralement des symptômes de douleur chronique tels que la dysménorrhée (douleurs pendant les menstruations), des douleurs lombaires et des douleurs pelviennes ou abdominales non menstruelles.
L'endométriose est un facteur majeur d'infertilité, principalement en raison d'adhérences des trompes de Fallope, d'une altération de l'anatomie pelvienne et de perturbations de l'environnement hormonal, qui peuvent nuire à la qualité des ovocytes et à l'implantation des embryons.
LES FACTEURS DE RISQUE
Au cours des dernières décennies, plusieurs facteurs de risque liés au développement et à la progression de l'endométriose ont été identifiés : les habitudes de vie (alimentation, etc.), le niveau d'activité physique, l'indice de masse corporelle (IMC), l'utilisation de contraceptifs oraux, le tabagisme, la consommation d'alcool et l’alimentation.
Dans cette liste, les scientifiques ont avancé que l’alimentation, était un facteur clé modifiable du mode de vie qui pouvait influencer l'apparition et la gravité de l'endométriose.
De nombreuses études ont rapporté des résultats encourageants concernant les bienfaits des interventions nutritionnelles dans le soulagement de nombreuses maladies inflammatoires, dont l’endométriose. Ainsi, les habitudes alimentaires peuvent influencer le risque d'endométriose au niveau du cycle menstruel, de l'inflammation, du stress oxydatif, de l'activité des muscles lisses et du métabolisme des hormones stéroïdes.
Ces études soutiennent donc le rôle d'une alimentation riche en fruits, légumes, légumineuses, céréales complètes et graisses insaturées dans la réduction de l'inflammation généralisée chez les patientes souffrant de maladies inflammatoires chroniques.

RÉGIME MÉDITERRANÉEN ET INCIDENCE DE L’ENDOMÉTRIOSE
On sait que le régime méditerranéen a assurément des qualités anti-inflammatoires et antioxydantes. Des scientifiques ont donc décidé d’investiguer l’association de ce régime millénaire avec les risques d’endométriose chez des femmes iraniennes.
Une fois de plus, il a été démontré que les régimes riches en végétaux ont un effet protecteur, tandis qu'une consommation plus élevée de viande, de produits laitiers et de graisses saturées est associée à un risque accru.
L'analyse de régression logistique a montré que les femmes qui suivaient davantage le régime méditerranéen avaient 94 % moins de risques d'endométriose. Ces résultats suggèrent une association inverse entre l'endométriose et le respect du régime méditerranéen. Les chercheurs affirment qu’un respect plus strict de ces habitudes alimentaires saines pourrait être recommandé dans le cadre des stratégies préventives et thérapeutiques contre l'endométriose.
Le rôle potentiel des habitudes alimentaires basées sur des végétaux dans la prévention ou la prise en charge de l'endométriose est maintenant confirmé. Ces habitudes alimentaires saines doivent donc être encouragées chez les femmes en âge de procréer.
QUELQUES SPÉCIFICITÉS DU RÉGIME MÉDITERRANÉEN
● La particularité fondamentale du régime méditerranéen est l'utilisation quotidienne de l'HUILE D’OLIVE EXTRA VIERGE de première extraction à froid comme principale, et même exclusive, source de graisses (beurre, margarine, et gras animal ne sont pas utilisés).
Cette huile, jus du fruit de l’olivier, a une qualité nutritionnelle très élevée aux multiples effets positifs sur la santé : elle a des effets directs (acides gras monoinsaturés, tocophérols, polyphénols) et indirects (très faibles graisses saturées, équilibre acide linoléique/alpha-linolénique) sur le système immunitaire et les réponses inflammatoires. Les connaissances actuelles sur l'effet particulier de l'huile d'olive extra vierge dans le régime méditerranéen affirment qu’elle est protectrice des maladies inflammatoires et à médiation immunitaire, dont les maladies coronariennes, les maladies cardiovasculaires, l'obésité, le diabète, le cancer, l'asthme, les allergies, et l’endométriose.
● Le CITRON, un fruit, est l’ingrédient ensoleillé de cuisine méditerranéenne. Contrairement au vinaigre (acide acétique), il enrichit cette cuisine avec une abondance de vitamine C et de nombreux antioxydants anticancer, antivieillissement, anti neurodégénératifs.
● Les FINES HERBES (contrairement au poivre et au ketchup) sont une source de micronutriments essentiels. Consommées en petite quantité tout au long de la vie, leur richesse en polyphénols, flavonoïdes, vitamines et minéraux, exerce une influence très positive sur les os (prévention de l’ostéoporose par le thym et le romarin en particulier) ainsi qu’une hormonothérapie naturelle grâce à la présence de précurseurs de la vitamine D d’où dérivent les œstrogènes, les androgènes et la progestérone naturels.

CONCLUSION
L’ultime réalité du régime méditerranéen est qu’il ne comporte AUCUNE MALBOUFFE. Il est basé strictement sur les céréales complètes, les légumineuses, les légumes et les fruits frais, les noix et les graines naturelles, un peu de produits de chèvre ou de brebis (yogourt, lait caillé, fromage blanc), peu de poisson, et très peu de viande rouge car sa consommation était régulée par des jeûnes rituels tout au long de l’année.
Adopter le régime méditerranéen, c’est cheminer sur un chemin où vous rencontrerez assurément une qualité de vie inégalée.
© Danièle Starenkyj 2025
RÉFÉRENCES
1. Morvarid Noormohammadi et coll., Mediterranean diet adherence and healthy diet indicator might decrease odds of endometriosis, Scientific Reports, 2025.
2. Anka Trajkovska Petkroska et coll., Mediterranean Diet: From Ancient traditions to Modern Science – A Sustainable Way Towards Better Health, Wellness, Longevity, and Personalized Nutrition, Sustainability, 2025.
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