© 2017, crée par Chantale Coulombe

DE L’IODE COMMENT ? De toutes les bonnes façons possibles

 

L’alarme est lancée depuis 2014 : la déficience en iode réapparaît dans les pays qui ont été soumis aux campagnes sanitaires pour faire baisser la consommation de sel. Cela fait près de 100 ans que les populations en Europe et en Amérique ont accès à du sel dont la teneur en iode a progressivement augmenté de 3,75 mg par kilo de sel en 1922 à 20 mg par kilo jusqu’en 2013. Le contexte d’une réduction générale de la consommation de sel par les populations est la cause de la triste constatation d’une diminution de l’iode dans l’urine, en particulier chez les femmes enceintes et les enfants âgés de 6 à 12 ans, et de taux d’iode urinaire à la limite inférieure de la norme pour les femmes en âge de procréer, les nourrissons et les petits enfants. Pour équilibrer la diminution de la consommation de sel, on a augmenté la teneur en iode du sel de table ou de cuisine à 25 mg par kilo à partir du 1e janvier 2014. Les organismes sanitaires espèrent que cette mesure conduira à un meilleur approvisionnement généralisé en iode, et particulièrement pour les personnes à risque.

QUI SONT CES PERSONNES À RISQUE ?


1. Les femmes enceintes et allaitantes
2. Les bébés allaités
3. Les enfants sous nutrition parentérale de longue durée
4. Les personnes qui renoncent délibérément à la nourriture produite industriellement et au sel iodé
5. Les personnes qui ne consomment aucun produit animal
6. Les personnes âgées
7. Les sportifs et les fumeurs

 

EXPLIQUONS-NOUS


1. Les besoins en iode des FEMMES sont naturellement plus élevés que ceux des hommes. Environ 75 % de l’iode corporel est stocké dans la glande thyroïde, la glande mammaire, le placenta et les ovaires. On comprend le rôle central de l’iode pour le fœtus et le nourrisson, mais aussi  dans la prévention des kystes mammaires, du cancer des seins et des ovaires. Par contre, les femmes mangent moins que les hommes : elles consomment en moyenne 8 g de sel par jour contre 10 et 11 g pour les hommes. Et comme l’objectif des instances sanitaires est de diminuer la consommation de sel à 5-6 g par jour pour tout le monde, on craint énormément, à nouveau, l’apparition d’éventuels symptômes de la carence en iode.
2. Les BÉBÉS allaités dépendent entièrement de l’apport d’iode maternel. Si la mère est déficiente en iode, le bébé le sera aussi. Ce qui permet cette affirmation : « La carence en iode est mondialement la cause évitable la plus fréquente du retard mental.» (N’oublions pas les crétins des Alpes.)
3. Les enfants sous NUTRITION PARENTÉRALE chronique ne reçoivent pas une alimentation qui couvre leurs besoins en iode à long terme. « L’enfant est particulièrement vulnérable à la carence en iode pendant les 1000 premiers jours de sa vie. » Attention à la recommandation plutôt récente de ne pas saler les petits pots et les légumes et bouillies pour bébés.
4. De nombreuses personnes soucieuses de leur santé renoncent aux aliments ultra-transformés, aux plats préparés, et à la restauration rapide. Elles se mettent à cuisiner mais réduisent ainsi radicalement leur consommation de sel, et renoncent au sel iodé. Par contre, les personnes qui s’alimentent en dehors de chez elles, tout en consommant beaucoup trop de sel – un seul hotdog comporte 6 g de sel – n’ont pas nécessairement accès à plus d’iode, de nombreuses industries alimentaires, restaurants et produits gastronomiques  locaux ou importés n’utilisant pas de sel iodé ou utilisant des SELS EXOTIQUES. Les sels de Perse (riche en potassium) et  de l’Himalaya (riche en fer dû à sa couleur rose) ne sont pas des sources d’iode. Ainsi, voulant éviter l’hypertension et les maladies cardiovasculaires reliées présentement à l’excès de sel, on risque l’hypothyroïdie et l’augmentation des troubles neurologiques du développement chez la descendance, une baisse générale de l’immunité (l’iode est aussi concentré dans le thymus, un organe immunitaire), et, par ce biais, la survenue de certains cancers.
5. Les personnes qui ne consomment AUCUN PRODUIT ANIMAL (ni viandes, ni produits laitiers, ni œufs) et boudent le sel iodé sont à haut risque d’un déficit en iode. Bizarre, n’est-ce pas ? Actuellement, les produits animaux sont « une grande source d’iode » parce que les éleveurs donnent à leurs bestiaux des compléments iodés dans leur fourrage et utilisent au moment de la traite des vaches laitières des produits iodophores pour prévenir l’apparition d’infections mammaires. Le pis est lavé avec une solution iodée qui est absorbée par la glande mammaire et se retrouve ainsi dans le lait. C’est ainsi que l’on peut lire dans des documents sanitaires officiels que « le lait et les produits laitiers sont une source d’iode importante » et la recommandation de boire du lait (3 portions par jour), de manger des œufs , et de la viande, très régulièrement. À souligner : la recommandation est de boire 1,5 l par jour de lait ENTIER pasteurisé fournissant 150mcg d’iode par jour. Pourquoi, le lait entier ? Les graisses sont un véritable « passeur » d’iode ; elles aident à son absorption et sa rétention. Inutile de dire que le lait le plus consommé -- sous l’influence d’autres recommandations en vue d’éviter des taux de cholestérol élevés -- est le lait écrémé, donc très pauvre en graisse.
6. Les personnes ÂGÉES sont particulièrement ciblées pour une réduction de leur consommation de sel. Or, leur besoin en iode est élevé : 150 mcg par jour. Par contre, les personnes âgées ont souvent un manque d’appétit chronique. Elles ont perdu le sens du goût. Elles ont de la difficulté à saliver ou salivent trop. (La carence en iode entraîne un mauvais fonctionnement des glandes salivaires.) Rappelons que les signes les plus courants, et souvent premiers, d’une carence en iode sont les déficits cognitifs, la frilosité, la faiblesse musculaire.
7. Les SPORTIFS sont à risque par le biais des fortes pertes d’iode par la sueur, ainsi que les FUMEURS parce que la nicotine freine l’absorption de l’iode.

 

LES BESOINS EN IODE QUOTIDIENS


→ Enfants 1à 8 ans : 90 mcg
→ Enfants 9 à 13 ans : 120 mcg
→ Adolescents : 14 à 18 ans : 150 mcg
→ Adultes : 19 ans à 70 ans : 150 mcg
→ Femmes enceintes : 220 mcg
→ Femmes allaitantes : 290 mcg

 


OÙ TROUVER CET IODE SI L’ON EST « UNE PERSONNE À RISQUE D’EN MANQUER » ?


Le grand réservoir d’iode mondial est la mer. Les sols éloignés des mers, dans les régions montagneuses, désertiques, à l’intérieur des terres, ont été appauvris et même épuisés en iode à la suite d’inondations et de glaciation. Les végétaux cultivés dans de tels sols sont donc nécessairement pauvres en iode.  Ainsi, les produits issus de la mer : poissons d’eau salée et non d’eau douce, huile de foie de morue (838mcg d’iode par 100 g), et les ALGUES sont tous riches en iode naturel bénéfique. Bien sûr, le SEL DE MER est naturellement iodé. Mais l’iode est volatil et il s’évapore. Il faut prendre soin de ne l’ajouter qu’en fin de cuisson, au moment de servir.  Les algues peuvent être mises en granules ou flocons et saupoudrées sur les légumes, les soupes, les bouillons, ou prises en comprimés. Une bonne RECETTE : Mélanger des flocons d’algues dans des avocats écrasés ou du beurre d’arachide ou de noix, saler avec du gros sel de mer gris, et étaler sur une belle tranche de pain de seigle. Un délice très sain.
Les algues sont les légumes de la mer. Cueillis sur les rochers côtiers, le varech comporte 1450 mcg d’iode par cuillère à thé (soit 3 g) et le petit goémon comporte 330 mcg d’iode par cuillère à thé (soit 2 g). 

Certains légumes et fruits sont une source utile d’iode étant donné leur capacité de concentrer l’iode du sol :

 

* Les choux rouge, blanc, vert / chou-fleur / choux de Bruxelles : ces légumes gagnent à être consommés CUITS, la cuisson neutralisant certaines substances dites goitrogènes qui diminuent l’absorption d’iode.
* Les navets / oignons / haricots verts / ail / épinards / cresson / céleri /
* Les légumineuses (toutes) et particulièrement le soja sont riches en iode : ¼ tasse de soja cuit ou de tofu donne 60 mcg d’iode. Bien sûr, les légumineuses aussi doivent être TRÈS BIEN CUITES.
* Les fruits : ananas / mûres / groseilles
* Les céréales : riz brun / seigle complet / avoine entière

 

QUELQUES DERNIÈRES CONSIDÉRATIONS

 

● Les graines à germination trempées dans de l’eau à laquelle on a ajouté une goutte ou deux d’iode liquide sont protégées de toute contamination par moisissures ou bactéries et deviennent une riche source d’iode naturelle. (A. Delille)

● Le potager domestique gagne à être amendé avec des algues qui dégagent leur iode dans le sol et permettent la récolte de légumes riches en iode.

● Attention à l’eau chlorée, fluorée, comportant des pesticides ou des médicaments à base de bromures. Le brome occupe la place de l’iode sur le tampon sodium /iode et perturbe la production des hormones thyroïdiennes.

● Le sélénium, la vitamine C et le magnésium renforcent l’efficacité de l’iode.

Alors, vous voulez mettre fin, entre autres, à cette boule qui grossit dans le cou, à une prise de poids soudaine, à la fatigue, la faiblesse, le manque d’énergie, un rythme cardiaque ralenti, des tendances à s’évanouir, à des problèmes d’apprentissage et de mémoire, à des cheveux qui tombent, une peau qui s’épaissit et qui est sèche, à des règles abondantes et irrégulières ? Veillez dès aujourd’hui à votre apport en iode quotidien. Vous serez transformé.

 

©2019 Danièle Starenkyj
Références générales :
- Gabor Szinnai, Iode – l’oligoélément clé du développement et de la croissance normaux, Paediatrica, Vol. 29, No. 4, 2018.
- Ordre professionnel des diététistes du Québec, Régime pauvre en iode, Manuel de nutrition clinique en ligne • © OPDQ 2003- 2019.
- Diététistes du Canada, Les sources alimentaires d’iode, 2014.
- Paul Van Herzele, Pharm D, Iode, Hôpitaux et centres de soins, Bruxelles, Belgique.
- Bulletin nutritionnel suisse, Statut en iode de la population suisse, 2019.
- Bulletin nutritionnel suisse, Le lait et les produits laitiers sont-ils une source d’iode ? 2019.
- Office fédéral de la santé publique OFSP, Unité de direction Protection des consommateurs Mesures destinées à garantir un apport d’iode suffisant en Suisse, 2013.
- Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires OSAV, Denrées alimentaires et nutrition, Recommandations concernant l’iode, 2018.
- Varech Phare Est, algues récoltées à la main sur les côtes sauvages de la Haute-Gaspésie.

 

 

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