• Danièle Starenkyj

VITAMINE D ET COVID-19

Le 22 mai 2020, L’ACADÉMIE NATIONALE DE MÉDECINE 1 (Paris, France) publiait un communiqué intitulé : VITAMINE D ET COVID-19.


On peut y lire que la vitamine D est une PROHORMONE fabriquée dans la peau sous l’effet d’un sage ensoleillement, soit sous l’action des rayons du soleil (rayons ultraviolets). Transportée dans le foie, puis dans le rein où elle est transformée en hormone active, elle permet l’absorption intestinale du calcium et joue un rôle important dans la prévention des maladies osseuses : rachitisme chez les enfants (propension aux courbatures des jambes) et ostéomalacie chez les adultes (propension aux fractures).


MAIS, affirme ce communiqué, « la vitamine D a aussi des effets non classiques ». À partir des années 2000, on découvre que la vitamine D joue un rôle majeur dans l’expression de plus de 900 gènes qu’elle régule directement. On peut lire dans la littérature médicale que la vitamine D est « la clé qui déverrouille la bibliothèque génétique ». Elle joue un rôle épigénétique sur les gènes promoteurs du cancer qu’elle désactive, alors qu’elle active les gènes de lutte contre le cancer. Ce qui permet de comprendre et d’accepter des déclarations comme celle-là : « Des niveaux insuffisants de vitamine D sont plus fortement associés à un risque accru de cancer que le fait de fumer2,3. »

Mais l’effet non classique qui retient actuellement l’attention de l’Académie nationale de Médecine en en pleine pandémie de la COVID-19 est son rôle « extra osseux », c’est -à -dire son effet modulateur sur le SYSTÈME IMMUNITAIRE.


Pourquoi ? On sait aujourd’hui que la vitamine D permet la production optimale de centaines d’antibiotiques naturels dits peptides antimicrobiens, ces armes secrètes qu’a notre corps pour combattre les infections. ET, « elle joue un rôle dans la régulation et la suppression de la réponse inflammatoire cytokinique à l’origine du syndrome de détresse respiratoire aigu qui caractérise les formes sévères et souvent létales de Covid-19 ». À l’appui de cette affirmation, le communiqué avance qu’« une corrélation significative entre de faibles

taux sériques de vitamine D et la mortalité par COVID-19 a été montrée ».


Oui, ce qui tuerait les malades atteints des formes sévères de la COVID-19 et présentant une carence en vitamine D, serait ce qu’on appelle l’orage ou la tempête cytokinique, soit une réponse inflammatoire excessive du système immunitaire déclenchée par un agent pathogène, et caractérisée par une production excessive de cytokines, des molécules qui jouent un rôle de messager entre les différentes cellules du système immunitaire.


Le communiqué conclut ainsi : « La vitamine D ne peut être considérée comme un traitement préventif ou curatif de l’infection due au SARS-coV-2 ; mais en atténuant la tempête inflammatoire et ses conséquences, elle pourrait être considérée comme un adjuvant à toute forme de thérapie. »


Pratiquement, l’Académie nationale de Médecine recommande :


→ de doser rapidement le taux de vitamine sérique (c’est-à-dire la 25 OHD) chez les personnes âgées de plus de 60 ans atteintes de Covid-19, et d’administrer, en cas de carence, une dose de chargede 50.000 à 100.000 UI qui pourrait contribuer à limiter les complications respiratoires ;

→ d’apporter une supplémentation en vitamine D de 800 à 1 000 UI/jour chez les personnes âgées de moins de 60 ans dès la confirmation du diagnostic de Covid-19.


Chères lectrices et chers lecteurs, à vous de tirer vos propres conclusions. Rappelez-vous que la vitamine D est la production privilégiée du soleil :


• Une exposition directe au soleil de la peau du visage et des mains pendant 15 à 20 minutes entre 10h et 15h peut produire 15 000 unités internationales de vitamine D. Attention à la couleur de la peau : plus elle est foncée plus longue doit être l’exposition au soleil.

• Les écrans solaires et les fonds de teint épais bloquent les rayons UVA et UVB du soleil et empêchent la production de la vitamine D.

• Une supplémentation en vitamine D sous nos latitudes nordiques et dans notre style de vie très confiné s’impose. Selon certains experts, les recommandations actuelles préviennent le rachitisme mais pas de nombreuses autres maladies que l’on relie maintenant à de faibles taux sériques en vitamine D, soit des taux dans le sang en dessous de 50 à 100 ng/mL. Ces experts recommandent entre 2000 et 5000 UI de vitamine D par jour pour optimiser les capacités de lutte contre les infections de notre système immunitaire, mais aussi se protéger contre les maladies auto-immunes, le diabète, et l’humeur dépressive ou anxieuse, entre autres.


Oui, la vie, la vie épanouie est enfant du soleil. Le soleil est gratuit mais il est DEHORS, et les suppléments de vitamine D ne coûtent pas cher. Cessons tous de vivre à l’ombre de nous-même4.


© 2020 Danièle Starenkyj

1. http://www.academie-medecine.fr/communique-de-lacademie-nationale-de-medecine-vitamine-d-et-covid-19/

2. Lappe J.M., et coll., Vitamin D and Calcium Supplmentation Reduces Cancer Risk : Results of a Randomized trial, The American Journal of Clinical Nutrition, 85, 1586-1591, 2007.

3. Garland C.F. et coll., The Role of Vitamin D in Cancer prevention, American Journal of Public Health, 96.2, 252-261, 2006.

4. Starenkyj D., LA SANTÉ TOTALE, Le sage ensoleillement, Orion.

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