• Danièle Starenkyj

ALIMENT ET MÉDICAMENT : Incroyable cette huile d’olive vierge extra !

Je vous rapporte dans ce blogue les conclusions de la troisième Conférence internationale sur l’huile d’olive et la santé qui s’est tenue à Jaen en Espagne en 2018.


Je joins à ce rapport des études épidémiologiques récentes provenant d’études de cohorte et d’essais d’intervention diététique qui confirment le rôle de l’huile d’olive vierge extra, pierre angulaire de l’alimentation méditerranéenne, dans la prévention du cancer du sein et du côlon, des maladies cardiovasculaires, et des maladies auto-immunes et auto-inflammatoires.


1. HUILE D’OLIVE VIERGE EXTRA ET CANCER DU SEIN


a) Le cancer du sein est la néoplasie maligne la plus fréquente et une cause majeure de mortalité chez les femmes dans le monde. Le régime méditerranéen riche en huile d’olive vierge extra a été proposé comme un modèle alimentaire sain ayant des effets protecteurs sur plusieurs maladies chroniques, dont le cancer du sein.


Des données expérimentales in vivo et in vitro ont montré un effet protecteur de l’huile d’olive vierge extra sur la carcinogenèse mammaire grâce à ses composés bioactifs aux effets antioxydants, anti-inflammatoires et anticancéreux.


Les preuves actuelles montrent que l’huile d’olive vierge extra, dans le contexte du régime méditerranéen est un choix sain, tandis que ses composants peuvent être des adjuvants prometteurs dans les stratégies anticancéreuses.


b) L’adhésion au régime méditerranéen peut être forte, moyenne ou piètre. De nombreuses études ont démontré l'existence d'une relation significative entre l'alcool et le cancer du sein, et un travail récent a montré que l'exclusion totale de l'alcool du régime alimentaire pouvait contribuer à augmenter les bénéfices en cas d'adhésion moyenne ou piètre au régime méditerranéen. A l'inverse, en observant l'impact de l'alimentation sur le cancer du sein en utilisant un modèle d'alimentation différent, il a été noté que le risque était trois fois plus élevé en cas d'alimentation non saine et qu'il était environ sept fois plus élevé pour celles qui avaient préféré la viande frite et avaient dédaigné les ragoûts de légumes ou autres méthodes de cuisson diététiques, et donc négligé l’usage de l’huile d’olive vierge extra.


c) L'huile d'olive extra-vierge est un composant important du régime méditerranéen. L'importance de l'huile d’olive vierge extra peut être attribuée aux composés phénoliques, et aux sécoiridoïdes, dont les effets sur la santé humaine ont été documentés par plusieurs études. Les sécoiridoïdes ont des propriétés antioxydantes, anti-inflammatoires et antiprolifératives et présentent donc une activité anticancéreuse. Cette étude a démontré qu’une consommation d'huile d'olive -- soit une ½ à une cuillère à soupe -- a été associée à une réduction de 31 % de la probabilité de tout type de cancer : du sein, de l'appareil digestif, des voies aérodigestives supérieures, et des voies urinaires.


d) Dans une étude, parmi les 4152 femmes incluses dans l'analyse, les femmes du groupe MedDiet (régime méditerranéen) complété par de l'huile d'olive extra-vierge présentaient un risque relativement plus faible de 68% de cancer du sein comparativement au groupe de contrôle.


La réduction du risque observée avec l'huile d'olive extra-vierge était si spectaculaire que, même avec un nombre aussi faible de cas, les différences étaient hautement significatives.


c) Il a aussi été démontré que le régime méditerranéen - en tant que modèle alimentaire global - est associé à une réduction du risque de cancer du sein post-ménopausique, à la fois dans des études humaines d'observation, et dans un essai randomisé.


2. HUILE D’OLIVE ET CANCER DU CÔLON


d) Comme pour le cancer du sein, historiquement, une incidence plus faible du cancer colorectal a été observée dans les pays méditerranéens que dans les autres pays européens ou aux États-Unis. De plus, comme pour le cancer du sein, une plus forte adhésion au régime méditerranéen traditionnel a été proposée comme un facteur potentiel de protection contre le cancer colorectal.


Ainsi, cette adhésion plus forte au régime méditerranéen a permis de réduire d'environ 30 % le risque du cancer colorectal chez les hommes et de 45 % chez les femmes.


Les études ont montré une réduction des lésions oxydatives de l'ADN après une utilisation à court terme d'huile d'olive riche en phénols, ce qui pourrait se traduire par une diminution du risque de cancer.


Toutes les études consultées affirment que d'utiliser l'huile d'olive comme principale source de graisses visibles pour réduire le risque de cancer repose sur de solides observations accumulées.


3. HUILE D’OLIVE ET MALADIES CARDIOVASCULAIRES


e) L'huile d'olive contient des graisses monoinsaturées, plusieurs phénols antioxydants et d'autres micronutriments qui exercent des effets protecteurs sur le système cardiovasculaire en améliorant le stress oxydatif, le dysfonctionnement endothélial, l'inflammation, la thrombose, la tension artérielle et le métabolisme des lipides (antiobésité) et des glucides (antidiabétique). Une consommation élevée d'huile d'olive extra vierge – cette appellation est très importante --, et donc riche en antioxydants phénoliques, a été suggérée pour prévenir les maladies coronariennes. La cardioprotection induite par l'huile d'olive a été confirmée par les résultats d'une analyse très récente de deux grandes études de cohorte prospectives américaines montrant qu'une consommation plus élevée d'huile d'olive était liée à un risque plus faible de morbidité et de mortalité cardiovasculaire après 24 ans de suivi, et que le remplacement de la graisse laitière, de la margarine, du beurre ou de la mayonnaise par une quantité équivalente d'huile d'olive réduisait significativement le risque cardiovasculaire. L’étude conclut que les responsables des politiques de santé et les médecins devraient être conscients de ces associations et promouvoir la consommation d'huile d'olive dans le cadre de la prévention primaire et secondaire afin de minimiser le risque cardiovasculaire individuel.


4. HUILE D’OLIVE ET MALADIES AUTO-IMMUNES / MALADIES IMMUNO-INFLAMMATOIRES


f) Des études expérimentales ont confirmé les effets anti-inflammatoires et immunomodulateurs significatifs de la supplémentation en huile d'olive vierge extra alimentaire et de ses composants bioactifs dans des modèles précliniques de maladies auto-immunes.


Les effets bénéfiques de l'huile d’olive vierge extra ont été liés à sa composition en acides gras, très riche en acides gras monoinsaturés. Les connaissances actuelles disponibles sur les effets bénéfiques de l'huile d’olive et de ses composés phénoliques, confirment ses propriétés biologiques et sa capacité antioxydante contre les réponses inflammatoires à médiation immunitaire : athérosclérose, arthrite rhumatoïde, diabète, obésité, cancer, maladies inflammatoires de l’intestin, lupus érythémateux systémique et sclérose.


Ainsi, la consommation d'huile d'olive vierge extra et de ses constituants mineurs pourrait acquérir une grande importance dans la thérapie nutritionnelle, en particulier chez les patients immunodéprimés, et pourrait constituer une approche alternative pour la prévention et la gestion de différentes maladies immuno-inflammatoires.

Bien sûr, les polyphénols de l'huile d'olive vierge extra possèdent des effets anti-inflammatoires et immunorégulateurs sans les effets typiques de la pharmacothérapie classique.


CONCLUSION


L’huile d’olive vierge extra de première pression à froid (sous 27 degrés centigrades) est le jus pur de l’olive, le fruit de l’olivier. Elle est unique au monde et vieille comme le monde ! Utilisée à l’exclusion de tout autre gras, elle est tout à la fois aliment et médicament et exerce un puissant effet


a) de prévention primaire : elle agit sur les facteurs de risque de la maladie ;

b) de prévention secondaire : elle agit à un stade précoce de la maladie ;

c) de prévention tertiaire : elle agit sur les complications et les risques de récidive de la maladie.


À votre santé !


© 2022 Danièle Starenkyj

SOURCES

1. José J. Gaforio et coll., Virgin Olive Oil and Health: Summary of the III International Conference on Virgin Olive Oil and Health Consensus Report, JAEN (Spain) 2018, Nutrients, septembre 2019.

2. Raquel Moral et coll., Influence of Olive Oil and Its Components on Breast Cancer: Molecular Mechanisms, Molecules, Janvier 2022.

3. Maria Rita Emma et coll., Potential Uses of Olive Oil Secoiridoids for the Prevention and Treatment of Cancer: A Narrative Review of Preclinical Studies, Int J Mol Sci, janvier 2021.

4. Christos Markellos et coll., Olive oil intake and cancer risk: A systematic review and meta-analysis, PLoS One, janvier 2022.

5. Marta Guasch-Ferré et coll., Consumption of Olive Oil and Risk of Total and Cause-Specific Mortality Among U.S. Adults, J Am Coll Cardiol, Janvier 2022.

6. Elena M Yuberao-Serrano et coll., Extra virgin olive oil: More than a healthy fat, Eur J Clin Nutr, juillet 2019.

7. Joao Fernandes et coll., Is olive oil good for you? A systematic review and meta-analysis on anti-inflammatory benefits from regular dietary intake, Nutrition, janvier 2020.

8. Marina Aparicio-Solo et coll., The phenolic fraction of extra virgin olive oil modulates the activation and the inflammatory response of T cells from patients with systemic lupus erythematosus and healthy donors, Mol Nutr Food Res, août 2017.

9. Rosa casa et coll., The Protective Effects of Extra Virgin Olive Oil on Immune-mediated Inflammatory Responses, Endocr Metab Immune Disord Drug Targets, 2018.

10. Christina Tsigalou et coll., Mediterranean Diet as a Tool to Combat Inflammation and Chronic Diseases. An Overview, Biomedicine, juillet 2020.

11. Tatiana Montoya et coll., Dietary Oleocanthal Supplementation Prevents Inflammation and Oxidative Stress in Collagen-Induced Arthritis in Mice, Antioxydants (Basel), avril 2021.


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