• Danièle Starenkyj

SANTÉ PUBLIQUE, CENTRALES NUCLÉAIRES, COVID-19

Dans la foulée de la crise de la COVID-19, on entend beaucoup parler de SANTÉ PUBLIQUE. Mais qu’est-ce au juste ? Le gouvernement du Canada donne cette définition de la pratique moderne en santé publique: « La santé publique peut se décrire comme la science et l'art de promouvoir la santé, de prévenir la maladie, de prolonger la vie et d'améliorer la qualité de la vie par des efforts organisés de la société. » Rien de plus positif, n’est-ce pas ?


Dans mes recherches à ce sujet, je suis tombée sur un document québécois décrivant les lignes directrices de la santé publique en cas d’accident à la centrale nucléaire de Gentilly-2. Il était daté de 2012. Il s’agissait d’une mise à jour à la suite de l’accident nucléaire de Fukushima au Japon en 2011.

Le document voulait nous rappeler l’importance de continuer à maintenir des efforts de protection de la population autour des centrales nucléaires tout en indiquant que « l’expérience du Japon avait démontré que les mesures d’urgence qui étaient en place ont permis de prévenir la perte de vies attribuable aux rejets radioactifs et ont eu pour conséquence de limiter à un niveau potentiellement négligeable les effets à long terme sur la santé qui pourraient être éprouvés par la population du Japon ».


QUELLES MESURES D’URGENCE ÉTAIENT DÉJÀ EN PLACE?


On sait qu’en cas d’accident nucléaire, il y a déversement dans l’atmosphère d’iode radioactif, un iode instable. La prise de comprimés d’iode stable (iodure de potassium-KI) est un moyen de protéger efficacement la thyroïde contre les effets des rejets d’iode radioactif qui pourraient se produire en cas d’accident nucléaire.


L’iode est en effet un oligo-élément naturel, indispensable au fonctionnement de la thyroïde. Les comprimés d’iode sont des médicaments fabriqués avec de l’iode comparable à celui qui se trouve dans la nature et dans l’alimentation : on l’appelle l’iode stable.


En cas d’accident nucléaire, le rejet d’iode radioactif dans l’atmosphère constitue un risque sanitaire significatif pour la population. Respiré ou avalé, l’iode radioactif se fixe sur la glande thyroïde et peut accroître le risque d’apparition de cancer de cet organe, surtout chez les enfants et les femmes enceintes ou allaitantes. L’iode stable sature la glande qui ne peut plus capter ou fixer ultérieurement l’iode radioactif.


Ainsi les mesures japonaises en place comportaient, en première ligne, une distribution immédiate -- qui fut très efficace -- de pilules d’iode stable qui ont protégé la glande thyroïde et la vie d’une vaste population.


Les pays qui ont des centrales nucléaires sur leur territoire, ont tous un plan de santé publique en cas d’accident nucléaire, et tous comportent la distribution préventive, individuelle, et gratuite de pilules d’iodure de potassium tous les six mois aux résidents dans les 10 km d’une centrale nucléaire. Selon eux, « l'utilisation des comprimés d’iode est une action qui doit être considérée comme un complément à la mise à l'abri, au contrôle des sources d’émission et, selon le cas, à l'évacuation de la population ».


MAIS REVENONS À LA COVID-19


Gentilly-2 a été fermée le 28 décembre 2012. Aujourd’hui, c’est à une catastrophe infectieuse que nous faisons face. La santé publique cherche à la contenir par des mesures d’hygiène précises : lavage des mains, port du masque, distanciation sociale et isolement social de certains groupes plus à risque. En luttant âprement contre ce virus à l’infectiosité élevée, on a imposé à nos enfants qui sont 100 pour cent de notre avenir, à nos personnes âgées qui sont 100 pour cent de notre passé, et à notre population active qui est 100 pour cent de notre présent, une expérience d’adversité et même un choc traumatique, qui seront infiniment plus complexes à traiter – si on prend à cœur de les traiter – que la COVID-19.


Alors, quand des scientifiques multiplient les preuves de l’action préventive à tous les niveaux de la simple VITAMINE D, pourquoi ne pas en faire un enjeu de santé publique, avec campagnes d’information, et même distribution gratuite aux populations particulièrement à risque ?


Je me permets de terminer ce blogue en citant les conclusions de quelques articles très récents.


A. « Premièrement, la vitamine D réduit la perméabilité des poumons chez les modèles animaux.


Deuxièmement, de nombreuses études ont décrit les effets antiviraux de la vitamine D, qui agit soit par induction de peptides antimicrobiens ayant des activités antivirales directes contre les virus enveloppés et non enveloppés, soit par des effets immunomodulateurs et anti-inflammatoires


Troisièmement, la vitamine D stabilise les barrières physiques. Elles sont constituées de cellules qui sont étroitement liées pour empêcher les envahisseurs (tels que les virus) d'atteindre les tissus sensibles à l'infection. Bien que les virus altèrent l'intégrité des jonctions cellulaires, ce qui favorise les infections entre cellules, la vitamine D contribue au maintien de jonctions fonctionnelles serrées, de jonctions lacunaires et de jonctions adhérentes.

Des preuves suggèrent que la vitamine D sérique peut être considérée comme un déterminant biologique des résultats de la COVID-19. Étant donné le manque de traitement spécifique pour COVID-19, l'urgence de la pandémie et la sécurité de la supplémentation en vitamine D, ces observations fournissent un argument pour tester la vitamine D comme traitement adjuvant afin d'améliorer la présentation clinique de COVID-19 et son pronostic 1 ».


B. « En résumé, nous postulons que la supplémentation en vitamine D par voie orale peut être une stratégie facile à mettre en œuvre pour : 1) limiter l'infection par le SRAS-CoV-2 (…) et 2) atténuer la gravité de la maladie en réduisant la réponse pro-inflammatoire pulmonaire ou la tempête de cytokines qui alimente la gravité de la COVID-19. (…) La vitamine D (pourrait être) un nouvel "outil à portée de main" pour protéger les populations vulnérables et atténuer l'impact des pandémies actuelles2. »


C. « L'Institut de médecine des États-Unis a noté que pour des doses quotidiennes de < 10 000 UI/jour, aucun effet indésirable n'a été signalé pour la supplémentation en vitamine D. Cependant, la valeur de la limite supérieure (UL) a été corrigée à 4000 UI/jour sur la base de la mortalité toutes causes confondues et des résultats des maladies chroniques.


La pénurie de traitements pour le COVID-19 ne nous laisse pas d'autre choix que de prendre des mesures de précaution et de prophylaxie pour avoir de meilleures chances de lutter contre cette pandémie. Il est donc vital de maintenir des niveaux de vitamine D adéquats pour prévenir l'infection ou pour éviter l'infection sans mortalité, au cas où elle se produirait3. »


RAISONNONS TOUS ENSEMBLE


L’iode, toute simple, sauve des effets pernicieux des catastrophes nucléaires. La vitamine D, toute simple, ne pourrait-elle pas nous sauver des effets dévastateurs des catastrophes infectieuses ?


©2020 Danièle Starenkyj

RÉFÉRENCES

1. Annweiler C., et coll., Point of view: Should Covid-19 patients be supplemented with Vitamin D? MATURITAS, 7 juin 2020.

2. John F. Arboleda, Vitamin D Supplementation: A Potential Approach for Coronavirus/COVID-19 Therapeutics? Front Immunol, 11, 1523, 23 juin 2020.

3. Karan Razdan, Vitamin D Levels and COVID-19 Susceptibility: Is there any Correlation? Med Drug Discov, 7, 100051,2020.

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