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  • Danièle Starenkyj

LES ENFANTS ATTAQUÉS PAR LE MAL DU SUCRE

La semaine passée mon fils me rapportait Le journal de Montréal, son gros titre, en première page, ayant retenu son attention : « L’ÉPIDÉMIE SILENCIEUSE DU SUCRE -- Les enfants frappés comme jamais. » Curieux, il l’avait feuilleté, et en pages 6 et 7, il y lisait, en gros titre aussi, « LE FLÉAU DU SUCRE RAVAGE LA SANTÉ DE ENFANTS. »


-- Maman, j’ai exceptionnellement acheté ce numéro car il indique que « le mal du sucre » est encore et toujours d’actualité !


-- Malheureusement, oui, ai-je répondu -- indignée de voir rapporté, en 2024, qu’un enfant de 18 mois puisse souffrir de stéatose hépatique non alcoolique, dite maladie du foie gras, et peser déjà presque 70 livres.


MAIS POURQUOI ?


En 2017, la Société canadienne du cancer avertissait la population : LES CANADIENS PAIERONT LE PRIX FORT POUR LEUR CONSOMMATION DE BOISSONS SUCRÉES.


Dites-moi, quel prix ? L’article signalait :


« Plus de 63 000 vies, 50 milliards de dollars pour les contribuables, et de multiples problèmes de santé : surpoids, obésité, diabète de type 2, cardiopathie ischémique, cancers, AVC, et 2,2 millions d’années de vie perdues à cause d’une mauvaise santé, d’une incapacité ou d’un décès précoce. »


Cet article parlait d’adultes. Aujourd’hui, on parle d’enfants, de bébés. Dans le reportage du Le Journal de Montréal, on présente aussi un garçon de 13 ans, atteint de diabète de type 2, s’injectant de l’Ozempic depuis un an et pesant 375 livres. L’article déclare, en répétant les mots du garçon, qu’il souffre d’une dépendance aux boissons gazeuses et sucrées.

RIEN DE NOUVEAU


J’ai encore dans ma bibliothèque le livre SWEET AND DANGEROUS de John Yudkin, M.D. – dénommé l’autorité la plus éminente sur le sucre – avec le sous-titre que je traduis : « Les faits nouveaux concernant le sucre que vous mangez comme cause des maladies cardiaques, du diabète et d'autres maladies mortelles ». Tenez-vous bien, ce livre est sorti en 1972 ! Il y a 52 ans ! Ce scientifique, à cette époque, connaissait déjà, et avait eu le courage de dire toute la vérité sur le sucre… Alors pourquoi encore ces gros titres qui font croire à une « nouvelle » découverte mais qui, aussitôt publiée, semble ne jamais changer les choses ?


L’AMNÉSIE SCIENTIFIQUE


Il y a plusieurs raisons.


En voici une. On brandit souvent devant le grand public le mythe de la progression constante de la connaissance. Cependant, on dissimule habilement que l’AMNÉSIE SCIENTIFIQUE soit aussi une règle de la science. Parfois, l’oubli est volontaire. Parfois, il est la conséquence de luttes politiques ou économiques souvent féroces. On oublie, on se rappelle. On se rappelle, on oublie. Le temps passe. Les choses n’avancent pas. Par exemple, l’alcool et le tabac sont, tout comme le sucre, de sérieux toxiques qui ont été et sont régulièrement sujets à de sérieuses amnésies scientifiques. Et les innocents continuent à payer pour les crimes de ceux qui savent…depuis longtemps !


L’INDUSTRIE ALIMENTAIRE


Une autre raison incriminée est l’INDUSTRIE ALIMENTAIRE. Non satisfaite de noyer ses produits avec du sucre blanc, elle a aussi réussi à transformer l’amidon des céréales complètes et l’amidon résistant (amidon des légumineuses et pommes de terre) en une sorte de sucre. Sous l’effet d’une mouture extrafine, les membranes cellulaires végétales (les fibres) ont été totalement éliminées ; et grâce à une cuisson particulière, les amidons ont été transformés en substance gélatineuse qui devient, dans ses effets métaboliques, semblable au sucre. Ainsi, pâtes blanches, farine blanche, poudres de pommes de terre, et autres produits de la malbouffe à base de farines, sont absorbés, tout comme le sucre dans l’intestin grêle, et non plus dans le gros intestin. Et, bien sûr, ils causent ainsi une hypoglycémie réactionnelle avec d’importants déversements d’insuline, tout comme le sucre et les produits sucrés, et avec les mêmes effets dévastateurs.


LE POST-MODERNISME ALIMENTAIRE


Une raison majeure dont il faut aussi tenir compte est liée au saut qui s’est fait après la Seconde Guerre mondiale, un saut dans l’inconnu affreusement périlleux : l’abandon brutal d’une alimentation paysanne/agricole pour une alimentation urbaine/industrielle omniprésente. Notre société a échangé le pain millénaire des paysans, un pain complet, entier, solide, pour le sucre blanc et ses confections, longtemps la prérogative des riches.


Nous avons accepté de vivre sous le règne d’une alimentation urbaine/industrielle, une alimentation de produits transformés et arrosés librement de sucre blanc provoquant d’importants déversements d’insuline, l’hormone qui stocke les graisses. LE MAL DU SUCRE est endémique : Jus concentrés, boissons gazeuses et sucrées, céréales sèches du matin (qui sont, pour certaines, de véritables bonbons), yaourts allégés, barres énergétiques, sauces, charcuteries, viandes préparées, pâtisseries, bonbons, produits à base de farines blanches et quoi encore, sont la marque malheureuse de notre alimentation postmoderne, tragiquement pauvre en céréales complètes, légumineuses, fruits, légumes, noix, et graines.


PETIT TABLEAU COMPARATIF


Dans les années 1880, en France, on consommait :


600 g de pain complet par jour et par personne adulte et moins de 6 g de sucre blanc par jour et par personne adulte.


Aujourd’hui, il se consomme en France :


172 g de pain blanc par jour et par personne et

100 g de sucre blanc par jour et par personne adulte.


LA DROGUE SUCRE


Je me rappelle de l’opposition farouche à l’idée que le sucre pouvait être une drogue quand est sorti mon livre LE MAL DU SUCRE. Aujourd’hui, dans cet article du Le Journal de Montréal (27 et 28 avril 2024) cité plus haut, on peut lire : « Le sucre peut créer une dépendance aussi forte que celle aux drogues dures, à l’alcool ou au jeu compulsif, confirme la Dre Julie St-Pierre, pédiatre. (…) Plus on commence jeune, plus il y a une chance de développer cette dépendance-là au sucre, ajoute Dre St-Pierre. »

QUE FAIRE ?


Voilà plusieurs propositions de divers courants de pensée et d’action :


Le gouvernement doit surveiller et encadrer la vente des produits sucrés (étiquetage honnête et limitation de la quantité de sucre permise dans les produits) et éduquer la population.


2. Le gouvernement doit taxer les boissons gazeuses et sucrées.


3. Interdire les collations pleines de sucre dans les écoles et les garderies : barres tendres, desserts, yogourts sucrés, lait au chocolat, pattes d’ours. (40 % des produits ultra-transformés riches en sucre sont souvent des produits donnés gratuitement par certains organismes.)


CONCLUSION


Mais avant que le gouvernement fasse ceci ou cela, prenons personnellement les choses en main. Éduquons. Éduquons. Éduquons. Que faire de plus, que faire de mieux ? Mais le faire sans se relâcher, le faire par la parole, l’écrit et, absolument obligatoirement, par l’EXEMPLE. Par-dessus tout, que nous soyons parents ou grands-parents, prenons notre rôle au sérieux : aimons nos chéris intelligemment avec beaucoup de câlins et… des bâtons de carotte, des bâtons de céleri, des grains de raisin frais, etc. Ils s’en souviendront, et un jour, fiers de leurs dents saines, ils nous remercieront.


© 2024 Danièle Starenkyj

RÉFÉRENCE

Starenkyj Danièle, LE MAL DU SUCRE—Principes de survie et RECETTES, réimpression 2020, 90e mille, ORION.


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1 Comment


Martina1972
May 07

Tout part de l'éducation ! Travaillant moi-même dans une école, je vois les boîtes à lunch remplies de biscuits, petits gâteaux, rouleau aux fruits... Lorsque je prépare ma salade ou mes fruits, ils ont tous de grands yeux me disant : "Ooh ! Ça a l'air bon ton lunch ! " Il y a de la couleur, du croquant, du goût ! Je leur parle de sucre, de vitamines, d'enzymes, ce que tous ces beaux mots font dans leur corps... Mais l'éducation part d'abord de la maison...

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