LE REPAS DE NOËL AUX TREIZE DESSERTS

 

Oui, il y a des régions du monde où Noël se fête avec d’autres mets, d’autres coutumes et d’autres symboliques que les nôtres. Faisons ensemble un petit tour en Provence, pays des crèches, des santons, et des marchés de Noël. 

 

TREIZE DESSERTS ? Comment est-ce possible ? Inscrits dans la tradition de la fête de Noël en Provence, ce pays lumineux qui a inspiré tant de poètes, écrivains et peintres, ces 13 desserts témoignent des richesses des produits du sol méridional précieusement préservés depuis la dernière récolte. Rassemblés à profusion lors du repas du soir de Noël, ces 13 desserts sont une corne d’abondance déversant ses bienfaits sur les membres des familles réunies et de leurs convives.

 

Les 13 desserts composent un repas festif de partage généreux. Ils varient d’un patelin à l’autre mais tous conservent une base commune obligatoire, soit :

 

1-2 : Le dessert des quatre mendiants avec ses deux variétés de noix (amandes et noisettes) et ses deux fruits séchés (figues et raisins secs) prend la place des deux premiers desserts indispensables.
3. La pompe à l’huile ou fougasse ou gibassié ; les noms changent mais la recette de base reste sensiblement la même : c’est un pain tendre parfumé à l’orange et pétri à l’huile d’olive vierge.
4. Le nougat blanc, une confiserie à base de miel, de noix (amandes, pistaches, noisettes ou noix de pin) et de blancs d’œufs
5. Le nougat noir, une confiserie à base d’amandes grillées, de miel caramélisé et de blancs d’œufs 

 

À cette base obligatoire, on ajoute avec liberté, selon ses réserves :

 

6. Du raisin blanc
7. Du melon verdaù, un melon vert olive, récolté en septembre, conservé dans la paille au grenier ou à la cave, à la chair blanche très sucrée 
8. Des dattes branchées
9. Des fruits confits dont la succulente pâte de coing, fruit du cognassier
10. Des mandarines ou oranges, signe de richesse
11. Un fruit exotique : kiwi, ananas, mangue, kaki, ou grenade
12. Des fruits de saison tardifs : pommes, poires, coings
13. Le nougat du pauvre : une figue sèche ou une datte fraîche dans laquelle on a glissé un cerneau de noix de Grenoble – bien pensé pour les abstinents de sucre et d’œufs !

Vous pouvez le constater avec moi, il s’agit là de desserts, pour la plupart, vraiment naturels. Alors qu’est-ce qui fait leur charme qui perdure à travers le temps ? Il est important de le savoir : c’est leur symbolique. Ces mets exquis racontent à ceux qui y goûtent une histoire millénaire : 

 

* Certes, le nombre 13 est devenu au cours des siècles le nombre de la malchance, mais, à Noël, il rappelle les 13 convives réunis lors du dernier repas du Christ juste avant sa crucifixion, soit 12 apôtres, dont le traître, et Jésus.
* Les quatre mendiants sont les pauvres de la foi, les humbles, les doux.
* Les nougats blanc et noir représentent les pénitents aux prises aux réalités de la vie : le nougat blanc indique la pureté, source d’une conscience en paix, le nougat noir met en garde contre le mal qui fait toujours mal.
* Les dattes branchées signalent le départ de Jésus bébé, fuyant en Égypte les menaces de mort du roi Hérode, mais aussi les Rois mages venus d’Orient.
* La pompe à l’huile, traditionnellement apportée à la crèche par le santon Pistachié, est un pain tendre aux cinq découpures représentant les cinq doigts de la main. L’huile est symbole de l’amour, la sagesse, la générosité. Il faut qu’il soit rompu et non découpé au couteau, car il invite à se souvenir du pain rompu par le Christ.
* La présentation de ces 13 desserts est également riche d’une symbolique particulière : tous ces desserts doivent être placés sur une table recouverte de trois nappes blanches, éclairée de trois chandelles ou chandeliers et garnies de trois coupelles de blé germé. Le chiffre trois signale la Trinité, et le blé germé – blé en herbe – honore la fidélité, le courage, la ténacité de ceux qui sont persécutés pour leur foi. La table doit restée garnie pendant trois jours et tous, parents et amis, sont invités à goûter à chacun des desserts, en fait, à participer de tout cœur à la joie de la fête. Et puis, il ne faut pas l’oublier, on met une assiette de plus que le nombre des conviés : c’est la part du pauvre qu’on ne se permet pas de négliger au sein d’une telle abondance. 

Voilà, je vous invite ce Noël à vous inspirer de ces 13 desserts pour garnir votre propre table de mets simples, sains, entiers et savoureux, en reconnaissance de l’abondance du sol qui, année après année, nous livre ses trésors qui nourrissent et soutiennent notre vie. Choisissez les fruits qui vous plaisent et les douceurs que vous aimez, mais ne manquez pas de placer sur votre table la FOUGASSE, pain savoureux et moelleux au parfum suave. Rompez-le avec vos mains, et partagez-le avec des pensées généreuses de paix, de prospérité et de bonheur pour les vôtres et les autres.

 

FOUGASSE TRADITIONNELLE DES FÊTES -- la recette 

 

Ingrédients :

 

3 ¾ tasses de farine d’épeautre entière (et un peu plus pour pétrir)
¼ tasse de sucre de coco mis en poudre fine dans un moulin à café
1 sachet de levure active
1 tasse d’eau tiède
¾ tasse d’huile d’olive extra-vierge (plus 2 c. à s. pour huiler le bol et badigeonner le pain à la sortie du four)
2 c. à thé de sel marin fin (le sel donne au pain sa saveur incomparable)
1 ½ c. à thé d’eau de fleur d’oranger (optionnel)
Le zeste d’un citron bio (optionnel)
Le zeste d’une orange bio (optionnel)

 

Réalisation :

 

1. Dans un grand bol, mélanger 1 ½   tasse de farine, le sucre de coco, la levure et 1 tasse d'eau tiède. Remuer légèrement avec une cuillère en bois. Laisser reposer le mélange dans un endroit chaud pendant environ 30 minutes. Le mélange doit bouillonner avant de passer à l'étape suivante. (S'il n'est pas devenu pétillant, il y a de fortes chances que la levure soit trop vieille et ne s'est pas activée).
2. Ajouter les 2 ¼ tasses qui restent, l’huile d’olive et le sel au mélange. Ajouter l’eau de fleur d’oranger, les zestes de citron et d’orange, si utilisés. Bien mélanger et former une pâte.
3. Déposer la pâte sur une surface légèrement enfarinée. Gardez de la farine supplémentaire à proximité au cas où la pâte deviendrait collante. Étirer la pâte pour y incorporer le plus d’air possible. La pétrir en la soulevant, la repliant et la retournant jusqu'à ce qu'elle soit lisse et élastique. Cela devrait prendre environ 5 minutes.
4. Huiler un grand bol propre avec un peu d’huile, y placer la pâte, la recouvrir d’un linge propre. Laisser reposer dans un endroit chaud pendant trois ou quatre heures pour laisser lever la pâte. Elle devrait doubler de volume.
5. Préchauffer le four à 400℉.
6. Transférer la pâte sur une grande feuille de papier parchemin. L’étaler de façon à ce qu’elle forme un carré ou un long ovale en l’étirant doucement avec les doigts. À l'aide d'un petit couteau aiguisé ou d'une cisaille de cuisine, découpez cinq entailles de 5 centimètres de long. Chaque fente doit avoir environ un 2 centimètres de large. Utilisez vos doigts pour étirer doucement les trous afin qu'ils ne se referment pas lorsque le pain cuit.
7. Transférer la pâte et le papier parchemin sur une grande plaque de cuisson. Mettre au four chaud et juste avant de fermer la porte, vaporiser de l’eau à l’intérieur du four. Cuire 15 à 20 minutes. Vérifier la cuisson après 10 minutes. Le pain devrait être levé et brun doré.
8. Retirer le pain du four et le badigeonner immédiatement avec un peu d’huile d’olive. Laisser refroidir à la température de la pièce. Servir et savourer avec gratitude. 

 

© 2019 Danièle Starenkyj

   


 

 

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