© 2017, crée par Chantale Coulombe

LE TOPINAMBOUR ET LA SANTÉ DU MICROBIOME

 

Originaire de l’Amérique du Nord, le topinambour a été introduit en France par Samuel de Champlain au 17e siècle. Il a été rapidement accepté comme aliment, sa saveur délicate rappelant celle de l’artichaut. Pendant la Deuxième Guerre mondiale le topinambour, qui avait été oublié au profit de la pomme de terre à partir du 19e siècle, est à nouveau consommé. Puis, dégoûtés de cette « diète de misère », la guerre terminée, les Européens à nouveau l’oublient et on le limite à la nourriture du bétail. Par contre, on le cultive alors industriellement pour en tirer un éthanol de qualité ; un édulcorant au goût légèrement sucré et à la consistance gélatineuse que l’industrie alimentaire utilise pour remplacer ou diminuer le sucre et/ou le gras ; et, plus récemment, des médicaments appelés ITF (Inuline Type Fructans), soit, en français, des fructanes de type inuline. Qu’est-ce ? Les ITF (ITF I et ITF IV) sont des prébiotiques, des fibres solubles de courtes ou longues chaînes de fructose, très efficaces pour nourrir notre microbiome, et favoriser la croissance et la multiplication de ses bonnes bactéries. La médecine les emploit pour prévenir ou traiter plusieurs maladies, dont la maladie de Crohn, le côlon irritable, le cancer du côlon, la pancréatite, etc.

Les légumes sont riches en prébiotiques. En effet, un microbiome alimenté abondamment des fibres tirées des artichauts, des asperges, des endives, des oignons, des poireaux, des salsifis, des panais, du seigle, de l’avoine, du blé intégral et des topinambours, pèse jusqu’à 5 kg. Par contre, nourri de pâtes blanches, pain blanc, farine blanche, sucre blanc – d’aliments ultratransformés --  et de produits animaux (ils comportent ZÉRO fibres), il ne pèse que 1 kg. Ce dernier microbiome meurt de faim. Il devient maigre, raréfié, peu diversifié. Aujourd’hui, la science met au compte d’un tel microbiome chétif, des risques élevés de cancer, diabète, maladies cardiovasculaires, obésité ; mais aussi de troubles mentaux : dépression, autisme, hyperactivité, schizophrénie ; et d’asthme, d’allergies et de maladies auto-immunes 1, 2, 3. 

 

Le topinambour est un légume particulièrement riche en prébiotiques, et précisément en INULINE qui assure une protection contre les maladies inflammatoires, métaboliques et comportementales. Grâce à l’inuline, les bactéries saines se multiplient, se diversifient. Elles maintiennent une paroi intestinale épaisse et non poreuse. (Les allergies alimentaires se déclenchent quand des protéines non digérées traversent une paroi intestinale qui ressemble à une passoire.) L’inuline est ainsi véritablement protectrice des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin.

 

Le topinambour favorise donc la croissance du microbiome qui se met à lutter contre les mauvaises bactéries : indole, scatole, phénol, ammoniaque, des bactéries dites putréfiantes, qui sont nombreuses quand elles doivent s’attaquer à la dégradation des protéines animales 4. Ce microbiome régénéré se met à avoir une dépense d’énergie plus grande. Enfin, les bactéries mangent à leur faim. Elles permettent un stockage moins important de graisses et coupent les fringales. Elles produisent des vitamines B, dont la vitamine B12, des bons acides gras, et maintiennent notre système immunitaire en forme.

 

Alors, des topinambours, on en mange ? Les Amérindiens, à la fin de l’automne, séchaient les tubercules pour les conserver pendant l’hiver. Une ferme québécoise a repris cette tradition et offre un produit 100 % topinambour séché, en poudre, cru, avec 67 % d’inuline naturelle 5. Un excellent moyen de nourrir son microbiome simplement et facilement en incorporant la poudre dans les soupes, les trempettes, les sauces, les biscuits, etc. Ou, essayez cette recette toute simple  6 :

 

HOUMOUS DE TOPINAMBOUR

Éplucher et cuire les topinambours dans l’eau bouillante 30 mn.
Retirer du feu. Égoutter. Couper en morceaux. Saler.
Réduire en purée avec du tahini et du jus de citron.
Disposer le mélange dans un bol. Creuser un puits au centre.
Remplir avec estragon, coriandre ou persil, au goût.
Arroser d’un filet d’huile d’olive. Servir très frais.
Délicieux avec du pain pita de blé entier.

 

1. Emily Catry et coll., Targeting the gut microbiota with inulin-type fructans : preclinical demonstration of a novel approach in the management of endothelial dysfonction, Nutr J, 16, 47, 2017.
2. Yue He, et coll., Inulin-Type Fructans Modulates Pancreatic-Gut Innate Immune Responses and Gut Barrier Integrity during Experimental Acute Pancreatitis in a Chain Length-Dependent Manner, Front Immunol, 26 septembre 2017.
3. Marisol Rivera-Huerta et coll., Functional Effects of Prebiotic Fructans in Colon Cancer and Calcium Metabolism in Animal Models, BioMed Research International, 2017.
4. Starenkyj D., Mon petit docteur, Quand les Barbares envahissent, Orion, 2017.
5. www.inuflora.com
6. Starenkyj D., Le bonheur du végétarisme, recettes de topinambour, p. 260, Orion.

 

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