© 2017, crée par Chantale Coulombe

AVEC OU SANS LAIT ?

Vous l’avez lu ou vous l’avez entendu, dans le nouveau GUIDE ALIMENTAIRE CANADIEN, les produits laitiers ne constituent plus un groupe alimentaire en soi. Intéressant. Mais plus phénoménal est le fait que ce guide a été élaboré sans aucun décideur des Producteurs laitiers du Canada (PLC), ces derniers ayant été exclus du processus de conception. Mais aussi que les études scientifiques financées par l’industrie laitière ont aussi été écartés dans le processus d’élaboration de ce nouveau Guide.

 

Alors, avec ou sans lait ? Plusieurs voix depuis des siècles ont répondu : sans lait.  Une de ces voix est celle de Robert Burton qui, en 1621, publiait LANATOMIE DE LA MÉLANCOLIE dans lequel il affirmait : « Le lait et ses dérivés augmentent la mélancolie. » Considéré, encore au 21e siècle, comme « le père de la psychologie moderne, l’ancêtre de la psychanalyse 1 », de quoi Burton parle-t-il ? En termes contemporains, la mélancolie décrit un état dépressif grave caractérisé par sa survenue spontanée, sans cause apparente, l’intensité de la douleur morale et de l’angoisse, les idées d’auto-accusation et la fréquente tendance suicidaire. Sérieux.

→ Trois siècles avant notre temps, Burton décrivait-il une HYPOGLYCÉMIE LEUCINE SENSIBLE 2 ? La leucine est un acide aminé abondant dans les protéines animales, et plus particulièrement dans les produits laitiers -- le lait, les yogourts, et les fromages où elle est concentrée. Chez les sujets sensibles à la leucine, cette sensibilité -- qui se traduit par de brusques déversements d’insuline qui entraînent une hypoglycémie souvent profonde -- peut déboucher sur des crises d’épilepsie avec lésions cérébrales, le glucose sanguin chutant à 20mg/dl de sang alors que la glycémie normale est de 80 à 100 mg/dl de sang. Dans leurs formes moins extrêmes, les hypoglycémies leucine sensibles sont marquées par des douleurs gastro-intestinales, de la diarrhée ou une constipation habituelle, de l’agressivité, ET DES CRISES D’ANXIÉTÉ. 

→ Burton anticipait-il une ALLERGIE CÉRÉBRALE aux produits laitiers ? Les psychiatres orthomoléculaires, dont le Dr William H. Philpott 3, ont décrit des troubles neuropsychiatriques en relation avec une allergie dite cérébrale aux produits laitiers. Un de ces cas présente un individu qui souffrait de psychose maniaco-dépressive ou psychose bipolaire. Il connaissait des épisodes de dépression psychotique avec tentatives de suicide, des épisodes de dépression profonde caractérisés par un besoin d’isolement, des maux de tête, des mouches volantes devant les yeux, et des hallucinations sonores et visuelles. Cet individu, qui avait par ailleurs un goût effréné du fromage, vit sa misère disparaître le jour où il suivit le conseil de son médecin et cessa complètement l’usage des produits laitiers sous toutes leurs formes. (Il est important de comprendre que l’allergie cérébrale peut être exacerbée au point qu’un individu réagisse à l’ingestion d’un quart de cuillère à thé de lait.)

→ Burton avait-il l’intuition d’une maladie héréditaire, la GALACTOSÉMIE ? Les produits laitiers de vache comportent des taux élevés de lactose et de galactose, qui sont les sucres du lait. Pour métaboliser ces deux sucres, il faut une enzyme : la lactase qui disparaît progressivement à partir de l’âge de 4 ans, mais qui peut aussi être déficiente dès la naissance. En l’absence  ou l’insuffisance de lactase, le lactose ne sera pas correctement métabolisé. Il va fermenter, produire de l’acide lactique, qui absorbé par le sang, rend inutilisable pour les cellules le calcium et le magnésium, deux éléments indispensables au bon fonctionnement du système nerveux. Il s’en suit des crises d’angoisse, de mélancolie, d’agressivité, de violence. MAIS en l’absence de lactase, le galactose n’est pas métabolisé non plus. Tout comme le lactose, il ne peut pas se transformer en glucose, sucre essentiel du système nerveux. Le galactose s’accumule alors dans l’organisme et il peut être à l’origine de troubles mentaux 4 (phénomène présent chez 1 schizophrène sur 5) mais aussi de cirrhose, de cataractes, de retard de croissance (chez les enfants ainsi affectés).

Le nouveau Guide alimentaire canadien est à saluer avec reconnaissance. Oui, les produits laitiers ne sont pas des aliments indispensables, et pour ceux qui risquent la mélancolie, ils sont à bannir complètement. « Avec ou sans lait » ? À vous de savoir, mais de toutes façons, jamais en quantité abondante, ni à chaque repas. Comme le dit bien Santé Canada : « Fais une place à l’eau pendant ton repas. C’est une boisson rafraîchissante et gratuite. »

 

 © 2019 Danièle Starenkyj
1. Burton Robert, L’Anatomie de la mélancolie, parue pour la première fois en français en 2000 aux éditions José Corti, avec une préface de Jean Starobinski.
2. Voir le Mal du sucre de Danièle Starenkyj, Orion, p. 262,263.
3. A Physician’s Handbook on Orthomolecular Medicine, éditeurs Roger J.Williams, Dwight K. Kalita,  Philpott W.H., Maladaptive Reactions to Frequently Used Foods and Commonly Met Chemicals as Precipitating Factor in Many Chronic Physical and Chronic Emotional Illnesses, p. 140-150.
4. Idem.

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