© 2017, crée par Chantale Coulombe

AU SECOURS, J’AI DES BOUTONS !

Les jeunes rêvent d’être beaux, ce qui leur permettra, pensent-ils, d’être aimés.   Et voilà qu’un matin, ils se réveillent avec deux, trois ou dix boutons sur le visage. Ils veulent mourir… et commence la lutte impitoyable à ces malotrus. Certes, selon les dermatologues, « l’acné est une maladie commune de la peau qui affecte plus de 90 % des adolescents canadiens. L’acné pouvant persister jusqu’à l’âge adulte chez près de la moitié des patients, il est possible qu’il faille continuer le traitement pendant des années pour maintenir la suppression. » 

Pourquoi l’acné ? En fait, elle est un symptôme disgracieux d’un déséquilibre hormonal qui provoque la séborrhée, une augmentation pathologique du sébum sécrété par des glandes sébacées, qui donne à la peau un aspect luisant et gras. La sécrétion des glandes sébacées est sous la dépendance des hormones sexuelles, plus particulièrement, les androgènes, des hormones mâles sécrétées chez les hommes par les testicules, et chez les femmes par les glandes corticosurrénales et les ovaires. Or, à l’adolescence, on retrouve souvent un déséquilibre des hormones sexuelles qui entraîne une augmentation de l’excrétion des hormones androgènes et une diminution correspondante de l’excrétion des œstrogènes. Chez les jeunes qui souffrent d’acné, on relève un rapport androgènes/œstrogènes qui est presque deux fois plus élevé que normal.

 

En 2018, la thérapie de  l’acné comédonienne a pour pilier les rétinoïdes topiques, des dérivés de la vitamine A. En fouillant la littérature médicale, je suis tombée sur un article de F. Keddie sur l’usage de la vitamine A dans le traitement des maladies cutanées, dont l’acné. Cet auteur rapporte l’acné à 1) un excès d’androgènes et 2) un défaut dans l’utilisation normale de la vitamine A au niveau des cellules sébacées. Ce médecin, et plusieurs avec lui, ont donc préconisé une vitaminothérapie A à fortes doses qui, dans 80 % des cas, a guéri leurs patients de leur acné vulgaire en 3 mois, alors que 20 % d’entre eux guérissaient en 4 à 6 mois. Leur explication est simple : l’administration de vitamine A rétablit l’équilibre hormonal en abaissant les taux élevés d’androgènes, et guérit ainsi complètement même des cas rebelles et anciens d’acné 1.

 

De nombreuses études faites dans le but de déterminer quel était le statut nutritionnel des adolescents ont démontré que ces jeunes étaient souvent extrêmement carencés en vitamine A. On sait qu’ils peuvent passer des semaines sans s’asseoir à la table familiale pour y consommer des légumes vert foncé ou jaune foncé ou orange (carottes, persil, poivrons, etc.). La malalimentation n’est pas généreuse en aliments frais et riches en carotène (le précurseur végétal de la vitamine A). De plus, les adolescents ont souvent un style de vie qui comporte plusieurs facteurs qui empêchent une absorption adéquate de la vitamine A. Ces facteurs sont 2 :

  • un exercice physique violent au cours des quatre heures qui suivent l’absorption d’un repas comportant cette vitamine ;

  • l’usage de laxatifs à base d’huile minérale, fréquent dans la boulimie ou la constipation ;

  • une consommation régulière d’alcool ;

  • l’excès de fer médicamenteux ;

  • la lutte contre le froid sur une base régulière (pieds nus, jambes nues, mains nues, torse nu entraînant une hypothermie sub-clinique) ; 

  • certains désordres de santé comme le diabète, l’hypothyroïdisme au cours desquels le corps n’arrive pas à convertir correctement le carotène en vitamine A, la colite ulcéreuse, les infections (mononucléose, ITS, infections respiratoires) qui détruisent rapidement de grandes quantités de vitamine A ;

  • des médicaments connus pour déclencher une acné iatrogène : les barbituriques, les corticostéroïdes, les antiacides, etc. ;

  • la carence en zinc (vergetures ? taches blanches sur les ongles ?)  qui empêche l’utilisation normale de la vitamine A  par les tissus ;

  • l’excès de vitamine B12 (utilisée dans les milieux sportifs pour remplacer chez la femme les anabolisants qui ont une activité androgène) ;

  • la consommation abusive de vitamine D dans les aliments fortifiés (1 tasse de lait enrichi contient 90 U.I. de vitamine D et 1 c. à soupe de margarine enrichie en contient 75 U.I. Normalement 400 U.I. de vitamine D par jour suffisent.) La vitamine D est apparentée aux stéroïdes hormonaux. Elle est une cause de l’acné juvénile qui se prolonge dans la vie adulte.  (Vive le soleil !) 

 

Je me rappelle les salades de carottes râpées de ma mère, et les jus de carotte de mon père, sans oublier les purées de carottes, et les soupes de carottes. Ils nous en offraient régulièrement avec cette petite recommandation : « Les carottes donnent de bons yeux, une belle peau et un caractère agréable… Allez les enfants, nous en avons tous besoin. »  Merci à mes parents pour leur sagesse avant-gardiste, en fait, pour leur amour pragmatique.

 

©2018 Danièle Starenkyj

1. Keddie F., Use of vitamin A in the treatment of cutaneous diseases, Arch Dermatol Syph, 58 :64, 1948.
2. Starenkyj D., L’adolescent et sa nutrition, Faisons face à l’acné, p. 105-117, ORION.

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