© 2017, crée par Chantale Coulombe

UNE USURE ÉGALE

Une loi fondamentale de la santé 1, trop souvent négligée, est la maîtrise de soi. Celle-ci a deux pôles : d’une part la modération dans toutes bonnes choses et d’autre part l’abstention de toutes choses mauvaises. La modération c’est le caractère ou le comportement d’une personne qui s’éloigne de tous les excès. L’abstention c’est le refus volontaire d’aliments, de boissons ou d’activités pour une raison de santé, ou de conscience. Dommage que cette loi de la santé soit particulièrement stigmatisée dans une société qui approuve l’abus des choses que l’on aime, et prêche la modération dans les choses qui sont nocives, alors que l’abstention est perçue comme le remède des faibles, de ceux qui n’ont pas trouver ou conserver « le juste milieu ».

Je vous invite à considérer la réflexion judicieuse du Dr Hans Selye, célèbre pour ses travaux sur le stress. Il affirme : « Je n’ai jamais rencontré une personne morte de vieillesse. Pour mourir de vieillesse, il faudrait que tous les organes du corps s’usent de manière égale suite à un usage trop prolongé. Cela n’arrive jamais. Nous mourons invariablement parce qu’un organe vital s’est usé trop rapidement par rapport au reste du corps. Il y a toujours une partie du corps qui s’use en premier et cela détruit toute la machinerie humaine parce que le reste du corps ne peut pas fonctionner sans elle. La leçon à tirer de cette réalité biologique est que dans la mesure où l’humain peut régler sa vie par des actions volontaires, il devrait chercher à égaliser le stress qu’il impose à tout son être. Le corps humain, tout comme les pneus d’une voiture ou un tapis sur le sol, dure plus longtemps quand il s’use uniformément. »

 

Tirons la leçon de ce texte. Peut-on réaliser une usure uniforme de notre corps quand on accepte de consommer une substance déclarée  « bonne pour le cœur » mais toxique pour le cerveau et cancérogène pour le sein ? Ou une substance qui serait « protectrice  des vaisseaux » mais  obésogène ? Ou une autre qui serait  « réductrice des lésions hépatiques » mais abortive pour la femme enceinte et source d’anxiété, d’insomnie, d’hyperactivité pour les enfants ? Ou encore qui serait antidouleur mais altère la conscience ? Toutes les drogues font subir au corps un stress car toutes elles l’agressent et provoquent une réaction d’alarme, source d’usure physique et nerveuse. Douces ou dures, légales ou illégales, toutes les drogues, quelles qu’elles soient, peu importe la quantité utilisée, usent le corps de façon inégale, perturbent le système nerveux de façon inégale, altèrent le sens moral de façon inégale. Soyons direct, toutes les drogues déséquilibrent de façon inégale.

 

 Une usure uniforme  – et donc un fonctionnement adéquat prolongé de notre corps – exige une action délibérée : choisir la modération dans les bonnes choses et pratiquer l’abstention de tout ce qui nuit -- ne serait-ce qu’en partie --  à notre corps… Pensons-y : le tapis encore neuf dans les coins mais râpé au centre devra être changé, et les pneus mal équilibrés devront être remplacés… Quel gaspillage ! Quel fardeau pour l’environnement ! Quelles pertes inutiles ! Mais que dire d’une vie humaine perdue trop tôt ?

 

©2018 Danièle Starenkyj
1. Starenkyj D., « L’abstention raisonnée », LA SANTÉ TOTALE, Orion. 2009.

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