© 2017, crée par Chantale Coulombe

LA SEMAINE DES 7 MARDIS GRAS

Anthropologues et historiens affirment que toutes les cultures ont en commun des tabous alimentaires doublés de restrictions précises quant aux temps permettant l’alimentation 1. Voici quelques exemples pris dans la culture occidentale : les crêpes et les beignets, à base de farine, de lait et d’œufs, frits dans du lard, étaient les derniers aliments gras permis juste avant l’abstinence du carême. Il s’agissait de la dernière chance de manger gras avant longtemps. Les bretzels, ces biscuits légers et salés en forme de 8, remontent également au Moyen Âge. Aujourd’hui, on les grignote devant la télé le soir, mais à cette époque lointaine, on les servait trempés dans du bouillon clair en guise de repas pendant le carême. (Leur forme de 8 représentait les bras croisés d’une personne en prière.) Et puis, se souvient-on encore des jeûnes hebdomadaires du mercredi et du vendredi où les aïeux faisaient maigre et, pour cela, remplaçaient la viande rouge par le poisson et le vin par l’eau claire ? 

 

Si l’on se penche  sur les grandes civilisations, on observe que l’hindouisme exige l’abstinence de toute viande, et particulièrement de la vache. L’islamisme condamne la consommation du porc, des animaux trouvés morts et de l’alcool. Le judaïsme distingue entre des viandes comestibles (bœuf, mouton, chèvre) et des viandes non comestibles (porc, cheval, crustacés),  et interdit la consommation de sang et de graisses animales (lard, suif, saindoux, gras de poulet, gras de canard). Le bouddhisme condamne l’usage culinaire du bœuf, de l’éléphant, du cheval, du lion, du tigre, du chien, de l’hyène, de l’ours, du serpent. Le brahmanisme rejette les abats, le bœuf, et l’alcool. Même chez les Inuits de l’Alaska et les Esquimaux, on a relevé un tabou, celui de la séparation des aliments en provenance de la mer et de la terre. Ces peuples, malgré leur ration précaire, ne mangent jamais du caribou ou de l’ours (animaux terrestres) avec du morse (animal marin). 

 

Pour nous postmodernes, de peur de moquer ces interdits d’ailleurs, n’oublions pas que pendant près de deux millénaires, des millions d’Occidentaux ont été soumis à au moins un  jeûne hebdomadaire, et à deux périodes de 40 jours où l’abstention de viandes, de produits animaux gras, de sucreries et d’alcool – soit pendant le carême et l’avent – a été imposée. Ainsi, pendant cette longue période, presque la moitié de l’année se passait à manger maigre ! Par contre ce temps est révolu. Depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, on mange tant d’œufs, tant de viandes, tant de lait, fromage, beure et crème,  tant de sucreries, tant de fritures -- le tout arrosé généreusement d’alcool -- que chaque jour, 40 à 45 % de nos calories proviennent des graisses et 20 % des sucres raffinés – avec les conséquences tragiques d’une épidémie actuelle d’obésité, de diabète, de maladies cardiovasculaires, d’hypertension, de cancers et autres tragédies -- aussi appelées maladies d’abondance 2. 

 

Depuis 1960, en Occident, c’est la semaine des 7 Mardis gras toute l’année !  Mais on finit par en tomber malades. Vraiment malades. Malades à en perdre le goût de vivre…  C’est pourquoi je vous invite, non pas à de nouveaux ou à d’anciens tabous, non,  je vous invite  à la liberté alimentaire, cette liberté qu’offre une alimentation à base d’aliments végétaux  -- céréales, légumineuses, fruits, légumes, noix, graines. Car alors que les interdits religieux ou culturels visent à limiter la consommation des viandes, des graisses, des sucres et de l’alcool -- les scientifiques expliquent ces interdits en termes de mesures prophylactiques utiles pour la santé, et parlent d’une forme de médecine préventive --  les aliments végétaux, sans exception, universellement, n’ont JAMAIS fait l’objet de tabous ni d’interdits quelconques. Allons-y avec joie et n’hésitons plus à adopter une alimentation végétale !

 

©2018 Danièle Starenkyj
1. Jackson Macauley S., The New Schaff-Herzog Encyclopedia, Vol.4, Funk and Wagnalis Company, New York, London, 1909.
2. Starenkyj D., LE MAL DU GRAS – recettes zéro cholestérol,  « La semaine des 7 mardis gras »,  Orion

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